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		<title>Edito du num&#233;ro 13. Vous avez dit &#171; populisme &#187; ?</title>
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		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lebaron</dc:creator>



		<description>La d&#233;gradation du &#171; climat politico-m&#233;diatique &#187; en France ces derni&#232;res semaines est imput&#233;e par nombre de commentateurs, en premier lieu bien s&#251;r les plus favorables au gouvernement actuel, &#224; la mont&#233;e d'un populisme hostile aux &#233;lites, qui annoncerait les futurs succ&#232;s de l'extr&#234;me-droite et la perc&#233;e parall&#232;le de l'abstention populaire. Il est pourtant bien difficile de pr&#233;voir dans quelle direction les affaires actuelles, en particulier l'affaire Woerth-Bettencourt qui occupe aujourd'hui1 le devant de (...)

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&lt;a href="https://savoir-agir.org/-Les-editos-de-Savoir-Agir-.html" rel="directory"&gt;Les &#233;ditos de Savoir/Agir&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La d&#233;gradation du &#171; climat politico-m&#233;diatique &#187; en France ces derni&#232;res semaines est imput&#233;e par nombre de commentateurs, en premier lieu bien s&#251;r les plus favorables au gouvernement actuel, &#224; la mont&#233;e d'un populisme hostile aux &#233;lites, qui annoncerait les futurs succ&#232;s de l'extr&#234;me-droite et la perc&#233;e parall&#232;le de l'abstention populaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_31 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt; &lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;https://savoir-agir.org/IMG/pdf/SA13-1-Edito.pdf&quot; title='PDF - 273 ko' type=&quot;application/pdf&quot;&gt;&lt;img src='https://savoir-agir.org/local/cache-vignettes/L52xH52/pdf-eb697.png' width='52' height='52' alt='PDF - 273 ko' style='height:52px;width:52px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt; &lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:120px;'&gt;&lt;strong&gt;Edito n&#176; 13&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Il est pourtant bien difficile de pr&#233;voir dans quelle direction les affaires actuelles, en particulier l'affaire Woerth-Bettencourt qui occupe aujourd'hui1 le devant de la sc&#232;ne m&#233;diatique, vont peser sur les repr&#233;sentations collectives des citoyens fran&#231;ais, si elles le font jamais. Tout d&#233;pend de l'issue d'une lutte symbolique tr&#232;s ouverte (comme on dit en sport) pour l'interpr&#233;tation dominante de cette nouvelle crise et, &#233;videmment, de l'intensification de celle-ci.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Face &#224; un gouvernement pouss&#233; dans ses retranchements, qui recourt &#224; une rh&#233;torique d&#233;nonciatrice inhabituelle au sein d'une &#171; d&#233;mocratie apais&#233;e &#187;, quintessence de la &#171; soci&#233;t&#233; lib&#233;rale avanc&#233;e &#187;, la dynamique journalistique des r&#233;v&#233;lations a conduit &#224; une rapide judiciarisation : ouverture de plusieurs enqu&#234;tes, audition de t&#233;moins, etc. Celle-ci a, de toute &#233;vidence, autant pour fonction de purifier rapidement les dirigeants en cause (en premier lieu &#201;ric Woerth) et de r&#233;tablir ainsi leur autorit&#233; politique vacillante, que de r&#233;pondre &#224; une demande de clarification &#233;manant des citoyens. Loin de parvenir au but recherch&#233;, ce processus a d'ailleurs pour l'instant surtout contribu&#233; &#224; &#233;tendre &#224; la Justice la perte de confiance dans certaines institutions publiques qui affecte d&#233;sormais de larges secteurs de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La plupart des interpr&#232;tes ne saisissent qu'un aspect particulier de cette crise, pr&#233;alablement cadr&#233;e par des cat&#233;gories assez limit&#233;es, comme la question du financement des partis politiques, qui fait son grand retour apr&#232;s quelques ann&#233;es d'&#233;clipse, celle de l'ind&#233;pendance de la justice, r&#233;currente sous le r&#233;gime Sarkozy (d&#232;s le d&#233;but caract&#233;ris&#233; par un contr&#244;le politique accru sur le pouvoir judiciaire2), celle du r&#244;le du &#171; quatri&#232;me pouvoir &#187; m&#233;diatique, lui aussi menac&#233; par des d&#233;rives autoritaires de plus en plus affirm&#233;es3, ou encore celle du trafic d'influence, des liens troubles et cach&#233;s entre monde politique et monde des affaires4, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tr&#232;s peu de commentateurs insistent sur le lien structurel, pourtant &#233;troit, entre la logique de d&#233;fiance qui affecte l'ancien ministre du Budget et le gouvernement, et un contexte de politique publique issu de la crise financi&#232;re mondiale, marqu&#233; depuis plusieurs semaines par le choix d'une restriction massive des d&#233;penses publiques, avec dans le cas fran&#231;ais une r&#233;forme des retraites particuli&#232;rement brutale et injuste, d&#233;fendue par le m&#234;me ministre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Car que se passe-t-il, finalement ? L'on d&#233;couvre que l'enjeu fiscal est plus que jamais au centre de tout le d&#233;bat public. Nicolas Sarkozy a avant tout &#233;t&#233; &#233;lu en tant que porteur d'un programme de r&#233;duction de la fiscalit&#233; sur les hauts revenus et les patrimoines, symbolis&#233;e par le &#171; bouclier fiscal &#187; et, plus largement, par tout un ensemble de mesures favorables aux acteurs &#233;conomiques. Ce programme n'a pas &#233;t&#233; abandonn&#233; avec la crise : au contraire, il a &#233;t&#233; en quelque sorte l&#233;gitim&#233; par le choix d'une politique de relance elle-m&#234;me tr&#232;s favorable aux entreprises, &#171; stimulation fiscale &#187; qui a creus&#233; l'endettement de l'&#201;tat tout en permettant aux banques et entreprises industrielles de supporter le choc &#233;conomique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#201;ric Woerth a-t-il favoris&#233; fiscalement, ill&#233;galement, certaines grandes fortunes familiales, en l'occurrence celle de Madame Bettencourt ? Celle-ci a-t-elle, en contrepartie de divers services fiscaux, aid&#233; le candidat de l'UMP &#224; contourner la loi sur le financement des partis politiques et &#224; emporter l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2007 ? Propri&#233;taire d'une &#238;le aux Seychelles, de comptes en Suisse, celle-ci avait-elle vraiment besoin, en plus, d'un coup de pouce venu d'en haut pour &#233;chapper aux r&#232;gles fiscales fran&#231;aises, dans un monde o&#249; le capital se joue si facilement de tout contr&#244;le5 ? Peu importe, finalement, les r&#233;ponses &#224; ces questions. Elles int&#233;ressent la Justice et, bien s&#251;r, sont potentiellement lourdes de cons&#233;quences politiques et m&#233;diatiques. Ind&#233;pendamment de ces faits, la crise a r&#233;v&#233;l&#233; au grand jour l'&#233;tat d'avancement d'un processus de privatisation de l'&#201;tat fiscal engag&#233; depuis plusieurs ann&#233;es et que la mont&#233;e en puissance de Nicolas Sarkozy n'a fait que renforcer, nourrissant au passage l'endettement public, en France comme d'ailleurs dans tous les pays soumis aux politiques n&#233;olib&#233;rales6.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce processus a consist&#233; en un d&#233;veloppement tentaculaire et de plus en plus complexe d'un syst&#232;me d'interd&#233;pendances &#233;troites entre des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et des int&#233;r&#234;ts politiques qui se servent mutuellement. La division du travail au sein de la famille Woerth incarne bien l'imbrication de ces transactions politiques et financi&#232;res au sommet : en position de rechercher des soutiens parmi les d&#233;tenteurs de capital, les m&#234;mes acteurs contr&#244;lent l'&#233;laboration de la l&#233;gislation fiscale et son application la moins douloureuse pour leurs soutiens. Trop sch&#233;matique lorsqu'elle est pos&#233;e de fa&#231;on a-historique et dogmatique, l'hypoth&#232;se marxiste d'un &#201;tat-instrument aux mains de la grande bourgeoisie, en particulier de l'oligarchie financi&#232;re, a ainsi tendu &#224; devenir toujours plus proche de la v&#233;rit&#233; dans la phase r&#233;cente de mondialisation. Apr&#232;s le &#171; retour de Keynes &#187;, voici donc le &#171; retour de Marx &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les acteurs qui ont particip&#233; au premier plan au renforcement des in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques en permettant aux plus riches de limiter leur contribution fiscale &#224; la solidarit&#233; nationale, et du m&#234;me coup qui ont favoris&#233; l'endettement public, sont ceux-l&#224; m&#234;mes qui annoncent, depuis 2008, la &#171; refondation morale &#187; du capitalisme ! Celle-ci, apr&#232;s s'&#234;tre donn&#233; pour t&#226;che officielle la r&#233;gulation de la finance mondiale, qui attend toujours un d&#233;but r&#233;el de mise en &#339;uvre, consiste d&#233;sormais en une attaque radicale contre la fonction publique et contre les salari&#233;s, en particulier les plus modestes, &#224; travers la r&#233;forme des retraites.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ce &#171; conte immoral &#187;7, les d&#233;fenseurs des int&#233;r&#234;ts des plus riches, qui n'ont cess&#233; d'&#233;roder la capacit&#233; de l'&#201;tat &#224; pr&#233;lever l'imp&#244;t, &#224; redistribuer les richesses de fa&#231;on plus juste, et ont mobilis&#233; leurs comp&#233;tences et leurs ressources pour limiter tout contr&#244;le &#233;tatique, toute r&#233;gulation m&#234;me partielle de leur soif de profit, s'attaquent d&#233;sormais plus directement aux services dont b&#233;n&#233;ficient les cat&#233;gories populaires et moyennes, ces services que les riches ne veulent justement plus financer. Face &#224; cette situation r&#233;voltante, l' &#171; &#233;conomie morale &#187; du peuple n'a gu&#232;re besoin de doctrine ou de discours id&#233;ologiques pour se r&#233;pandre&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le &#171; populisme &#187; qui se fait jour n'est donc, en un sens, que l'expression de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral dans une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique moderne : face &#224; la privatisation de l'&#201;tat fiscal, une &#171; refondation &#187; est en effet n&#233;cessaire. Cette refondation n&#233;cessitera, c'est vrai aussi, une rupture. Une rupture avec les &#233;lites politico-financi&#232;res qui ont d&#233;tourn&#233; la R&#233;publique &#8211; toujours officiellement d&#233;mocratique et sociale &#8211; &#224; leur profit. Une rupture avec le capitalisme financiaris&#233; et avec les int&#233;r&#234;ts qui le promeuvent. Une rupture qui permette enfin d'engager r&#233;solument une politique tourn&#233;e vers le d&#233;veloppement humain et vers la justice sociale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Edito du num&#233;ro 11. Vers l'&#233;mergence d'une alternative globale ?</title>
		<link>https://savoir-agir.org/Edito-du-numero-11-Vers-l.html</link>
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		<dc:date>2010-02-28T23:05:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lebaron</dc:creator>



		<description>Le sommet de Copenhague, confirmant les pr&#233;visions les plus pessimistes des observateurs internationaux, a cristallis&#233; ce qui pourrait devenir, dans les ann&#233;es et les d&#233;cennies qui viennent, le principal clivage politique &#224; l'&#233;chelle mondiale : celui qui oppose les tenants de l'am&#233;nagement graduel d'un syst&#232;me &#233;conomique fondamentalement in&#233;galitaire et instable, d'un &#171; capitalisme r&#233;gul&#233; &#187;, &#224; toutes celles et tous ceux qui consid&#232;rent que seule une rupture &#224; la fois radicale et progressive dans l'ordre (...)

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&lt;a href="https://savoir-agir.org/-Les-editos-de-Savoir-Agir-.html" rel="directory"&gt;Les &#233;ditos de Savoir/Agir&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le sommet de Copenhague, confirmant les pr&#233;visions les plus pessimistes des observateurs internationaux, a cristallis&#233; ce qui pourrait devenir, dans les ann&#233;es et les d&#233;cennies qui viennent, le principal clivage politique &#224; l'&#233;chelle mondiale : celui qui oppose les tenants de l'am&#233;nagement graduel d'un syst&#232;me &#233;conomique fondamentalement in&#233;galitaire et instable, d'un &#171; capitalisme r&#233;gul&#233; &#187;, &#224; toutes celles et tous ceux qui consid&#232;rent que seule une rupture &#224; la fois radicale et progressive dans l'ordre &#233;conomique et social mondial pourra permettre d'&#233;viter un encha&#238;nement de catastrophes, cons&#233;cutives &#224; la crise environnementale et aux dynamiques d&#233;mographiques et socio-&#233;conomiques du vingt et uni&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_135 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt; &lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;https://savoir-agir.org/IMG/pdf/Edito-2.pdf&quot; title='PDF - 202.2 ko' type=&quot;application/pdf&quot;&gt;&lt;img src='https://savoir-agir.org/local/cache-vignettes/L52xH52/pdf-eb697.png' width='52' height='52' alt='PDF - 202.2 ko' style='height:52px;width:52px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Ce clivage n'oppose pas les nations entre elles, m&#234;me si les pays dominant le syst&#232;me &#233;conomique mondial, &#201;tats-Unis en t&#234;te, ont sans aucun doute un int&#233;r&#234;t tr&#232;s imm&#233;diat &#224; pr&#233;server co&#251;te que co&#251;te les r&#232;gles du jeu qu'ils ont impos&#233;es par la force (militaire et symbolique) &#224; l'ensemble des peuples des diff&#233;rents continents : le sommet de Copenhague l'a amplement illustr&#233;. Il traverse les champs politiques nationaux, les espaces sociaux plus largement, et il prend des formes tr&#232;s diverses, selon les contextes particuliers aux diff&#233;rents pays. En Europe, la situation est particuli&#232;rement difficile pour les forces &#171; alternatives &#187;, car l'agenda n&#233;o-lib&#233;ral n'a gu&#232;re &#233;t&#233; troubl&#233; par la crise &#233;conomique mondiale et continue plus que jamais de dicter d'une main de fer les priorit&#233;s politiques, comme l'illustre aujourd'hui la &#171; crise grecque &#187; : r&#233;duction des d&#233;ficits et dettes publics, restriction brutale des d&#233;penses de l'&#201;tat, des collectivit&#233;s locales et des organismes de s&#233;curit&#233; sociale d&#233;j&#224; fragilis&#233;s par la crise. L'ajustement structurel qui s'&#233;bauche s'annonce tr&#232;s douloureux. La poursuite du d&#233;mant&#232;lement du &#171; mod&#232;le social europ&#233;en &#187; s'accompagne d'une faiblesse politique end&#233;mique de l'Union europ&#233;enne en tant qu'acteur transnational, la conduisant &#224; une &#233;trange conjonction de volontarisme verbal et de suivisme sans perspective, les deux &#233;tant particuli&#232;rement bien illustr&#233;s par la posture du pr&#233;sident fran&#231;ais. Faute de projet pour elle-m&#234;me autre que les &#171; r&#233;formes structurelles &#187; (lib&#233;ralisation des march&#233;s, mise en concurrence, d&#233;mant&#232;lement des services publics), la comp&#233;tition mondiale et la r&#233;duction du p&#233;rim&#232;tre de l'&#201;tat fiscal et social, l'Europe n'est nullement en mesure de peser dans le sens de la recherche d'une alternative globale &#224; un ordre mondial injuste. Il faudrait pour qu'elle le fasse un changement de cap radical, et pour commencer la cr&#233;ation d'un gouvernement &#233;conomique et politique clairement orient&#233; vers le projet d'une Europe sociale et une coop&#233;ration accrue avec les pays en d&#233;veloppement. Nous en sommes loin, alors que l'histoire des pays europ&#233;ens les a pourtant conduits &#224; mettre en place au vingti&#232;me si&#232;cle des institutions publiques et des modes d'organisation distincts des logiques marchandes : ce sont ces acquis qui constituent aujourd'hui des points de rep&#232;re pour des pays &#233;mergents d&#233;sireux de construire un &#201;tat social face &#224; l'ins&#233;curit&#233; &#233;conomique mondiale. Il faut dire que la faiblesse des forces &#233;cologistes et des courants de la &#171; gauche critique &#187;, notamment &#224; l'est de l'Europe, fait d&#233;sormais de cette r&#233;gion du monde l'un des bastions dans la poursuite du programme n&#233;o-lib&#233;ral &#224; l'&#233;chelle mondiale. Comment alors esp&#233;rer que l'Union europ&#233;enne puisse contribuer &#224; l'&#233;mergence d'une alternative globale ? La question ne concerne pas que l'Europe. Le temps n'est-il pas venu, apr&#232;s plus d'une d&#233;cennie de mouvement &#171; altermondialiste &#187;, de donner un peu plus de structure et de contenu &#224; un projet radical de changement au niveau plan&#233;taire ? Cette question, r&#233;currente depuis les premiers forums sociaux (mondiaux, r&#233;gionaux, etc.), qui les a souvent divis&#233;s, se pose aujourd'hui de fa&#231;on tr&#232;s crue face &#224; l'impuissance de mouvements organis&#233;s en r&#233;seau (syndicats, ONG, partis, &lt;i&gt;think tanks&lt;/i&gt;&#8230;), qui restent fortement dispers&#233;s et &#233;miett&#233;s, &#224; peser sur l'action et le discours publics autrement qu'&#224; la marge ? La n&#233;cessit&#233; d'un &#171; nouvel internationalisme &#187;, pour reprendre l'expression de Pierre Bourdieu, peut-elle ne rester qu'une vaine rh&#233;torique, parfois nostalgique et souvent inefficace ? Les mod&#232;les d'&#171; internationale &#187; qui hantent l'esprit de beaucoup d'acteurs de la mouvance &#171; altermondialiste &#187; et des partis de gauche, ne doivent-ils pas enfin &#234;tre mis de c&#244;t&#233; au profit de la r&#233;flexion sur une forme nouvelle de force transnationale, qui se nourrirait de l'exp&#233;rience des forums sociaux sans f&#233;tichiser un acquis bien fragile ? &#192; l'&#233;chelle nationale, que pourrait signifier une telle orientation ? Elle supposerait tout d'abord que la priorit&#233; soit r&#233;ellement donn&#233;e &#224; des objectifs d'efficacit&#233; politique globale au d&#233;triment des int&#233;r&#234;ts organisationnels et de ceux, multiples et mouvants, des &#233;lites dirigeantes des mouvements politiques, syndicaux ou associatifs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un programme de changement rapide, s'appuyant en premier lieu sur la promotion de taxes globales (comme la taxe Tobin qui revient aujourd'hui en gr&#226;ce au sein des &#233;lites politiques, mais sur un mode tr&#232;s limit&#233;) permettrait de construire une coalition de forces h&#233;t&#233;rog&#232;nes regroup&#233;es autour d'une s&#233;rie d'objectifs, plut&#244;t que de multiplier les &#171; cartels &#187; empil&#233;s les uns sur les autres et fond&#233;s sur des logiques difficilement compr&#233;hensibles dans les cat&#233;gories populaires. Mais les prochaines &#233;lections r&#233;gionales en France risquent surtout d'illustrer le d&#233;calage entre les enjeux difficiles auxquels les r&#233;gions vont devoir faire face dans le contexte de crise &#233;cologique, socio-&#233;conomique et de r&#233;formes n&#233;o-lib&#233;rales qui vont r&#233;duire leurs marges de man&#339;uvre, et la persistance de micro-luttes internes au champ politique pour l'occupation des positions, qui produisent une sorte de brouillage persistant en mati&#232;re d'orientation politique. En ordre de marche pour la reconqu&#234;te du pouvoir central, le Parti socialiste, d&#233;sormais en relation de concurrence avec la mouvance &#233;cologiste pour l'h&#233;g&#233;monie sur la gauche, ne s'inscrit pas dans la perspective d'une alternative globale. L'un de ses principaux repr&#233;sentants dirige le Fonds mon&#233;taire international, qui continue de soumettre les &#201;tats &quot;d&#233;faillants&quot; &#224; des th&#233;rapies de choc en mati&#232;re budg&#233;taire, taillant dans les d&#233;penses publiques et les salaires des fonctionnaires. Du c&#244;t&#233; des &#233;cologistes, les strat&#233;gies &#233;lectorales et institutionnelles &#224; court terme risquent de limiter l'ampleur de l'engagement de leurs repr&#233;sentants pour une v&#233;ritable alternative syst&#233;mique, comme le montre en Allemagne le cas des &lt;i&gt;Gr&#252;nen&lt;/i&gt;, devenus une force tr&#232;s impr&#233;gn&#233;e de n&#233;o-lib&#233;ralisme. Enfin, la &#171; gauche de la gauche &#187; part &#224; nouveau en ordre dispers&#233; faute d'avoir pu surmonter la tension entre opposition radicale (NPA) et volont&#233; d'efficacit&#233; rapide dans les institutions (Front de gauche). La construction d'une alternative globale ne pourra pourtant prendre corps que dans une dynamique politique impliquant des changements r&#233;els, perceptibles dans les cat&#233;gories populaires et mettant en cause des logiques structurelles de reproduction de l'ordre &#233;conomique et social ; elle suppose d&#232;s lors d'aller enfin au-del&#224; de la &#171; mise en r&#233;seau &#187; des forces de contestation et de favoriser des convergences plus concr&#232;tes et significatives.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#201;dito du num&#233;ro 10. Retour &#224; la normale ?</title>
		<link>https://savoir-agir.org/Edito-du-numero-10-Retour-a-la.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lebaron</dc:creator>



		<description>Plusieurs mois de rally boursier, fond&#233; sur les obsessionnels &#171; signaux de reprise &#187; ont convaincu une majorit&#233; de commentateurs que la &#171; sortie de crise &#187; &#233;tait enfin en vue. Exemple paradigmatique de proph&#233;tie autor&#233;alisatrice, la reprise annonc&#233;e finirait ainsi par devenir un fait incontestable, impliquant, selon ces m&#234;mes commentateurs, des d&#233;cisions rapides, qualifi&#233;es de la formule &#171; strat&#233;gie de sortie de crise &#187; (exit strategy). Il s'agit de fermer d&#233;finitivement la &#171; parenth&#232;se &#187; ouverte en (...)

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&lt;a href="https://savoir-agir.org/-Les-editos-de-Savoir-Agir-.html" rel="directory"&gt;Les &#233;ditos de Savoir/Agir&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_25 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt; &lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;https://savoir-agir.org/IMG/pdf/SA10edito.pdf&quot; title='PDF - 167.5 ko' type=&quot;application/pdf&quot;&gt;&lt;img src='https://savoir-agir.org/local/cache-vignettes/L52xH52/pdf-eb697.png' width='52' height='52' alt='PDF - 167.5 ko' style='height:52px;width:52px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt; &lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:120px;'&gt;&lt;strong&gt;Edito n&#176; 10&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs mois de &lt;i&gt;rally&lt;/i&gt; boursier [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Mouvement (sp&#233;culatif) de hausse prononc&#233;e mais &#233;ph&#233;m&#232;re sur un march&#233; (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;], fond&#233; sur les obsessionnels &#171; signaux de reprise &#187; ont convaincu une majorit&#233; de commentateurs que la &#171; sortie de crise &#187; &#233;tait enfin en vue. Exemple paradigmatique de proph&#233;tie autor&#233;alisatrice [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Selon le concept de self-fulfilling prophecy d&#251; &#224; Robert K. Merton (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;], la reprise annonc&#233;e finirait ainsi par devenir un fait incontestable, impliquant, selon ces m&#234;mes commentateurs, des d&#233;cisions rapides, qualifi&#233;es de la formule &#171; strat&#233;gie de sortie de crise &#187; (&lt;i&gt;exit strategy&lt;/i&gt;). Il s'agit de fermer d&#233;finitivement la &#171; parenth&#232;se &#187; ouverte en octobre 2008, en mettant fin aux politiques mon&#233;taires tr&#232;s accommodantes, en enclenchant un retour rapide &#224; l'orthodoxie budg&#233;taire (d&#232;s 2010 selon le souhait de la Banque centrale europ&#233;enne), bref en soumettant &#224; un ajustement structurel des &#233;conomies d&#233;crites comme faisant face &#224; de dangereux d&#233;s&#233;quilibres, non &#171; soutenables &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 2008, les &#201;tats ont sans doute sauv&#233;, au moins pour un temps, un mod&#232;le de d&#233;veloppement &#233;conomique assis sur la dynamique de la mondialisation financi&#232;re, donnant naissance &#224; un syst&#232;me de &lt;i&gt;capitalisme financier d'&#201;tat mondialis&#233;&lt;/i&gt;. Ils ont permis aux banques de r&#233;tablir sans grand changement leurs pratiques de r&#233;mun&#233;ration g&#233;n&#233;ratrices d'in&#233;galit&#233;s et d'instabilit&#233; chronique. Ils ont rendu possible le d&#233;marrage, encore incertain et quelque peu chaotique, d'un nouveau cycle d'euphorie sp&#233;culative fond&#233; sur la croissance &#224; nouveau exceptionnelle de l'&#233;conomie chinoise [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='La cr&#233;ation du &#171; Nasdaq chinois &#187; &#224; Shenzen vient de se traduire par une (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;], la &#171; r&#233;silience &#187; des pays &#233;mergents, le &#171; capitalisme vert &#187;, etc. Les paradis fiscaux ont pour l'instant r&#233;ussi &#224; &#233;viter une remise en cause frontale en signant divers accords de transparence qui ne modifient gu&#232;re leur fonction protectrice pour l'&#233;pargne financi&#232;re des plus riches ; les banques continuent de s'enrichir et de r&#233;mun&#233;rer dirigeants et &lt;i&gt;traders&lt;/i&gt; &#224; des niveaux exceptionnels : 2009 s'annonce un &#171; grand cr&#251; &#187; pour les profits bancaires et les bonus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, les gains reconstitu&#233;s de la finance mondiale ne dissipent pas un malaise diffus et persistant au sein des &#233;lites politiques et administratives globales, que l'on entend de plus en plus souvent affirmer que &#171; plus rien ne sera comme avant &#187;. Le sauvetage du syst&#232;me financier est pour l'instant presque sans contrepartie : la r&#233;gulation de la finance mondiale voulue par le G20 n'a que tr&#232;s peu progress&#233; ; les discours vell&#233;itaires ponctuels de quelques responsables confirment &lt;i&gt;a contrario&lt;/i&gt; la force des obstacles qu'ils rencontrent d&#232;s lors qu'ils envisagent de limiter, m&#234;me timidement, les marges de man&#339;uvre des acteurs financiers. La taxation accrue des profits des banques, qui irait dans le sens de la justice sociale, est rejet&#233;e par les gouvernements n&#233;o-lib&#233;raux, comme nous venons de le voir en France o&#249; l'on se targue pourtant d'&#234;tre &#224; l'avant-garde du mouvement r&#233;gulateur. Il ne restera bient&#244;t, en guise d'interventionnisme, que le choix, illustr&#233; r&#233;cemment par une Allemagne de moins en moins &#171; ordo-lib&#233;rale &#187; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Proches &#224; l'origine des d&#233;mocrates-chr&#233;tiens, les ordo-lib&#233;raux sont les (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;], de financer massivement un capitalisme industriel d&#233;faillant pour tenter de se faire une place dans un monde toujours plus concurrentiel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le contraste avec la r&#233;alit&#233; des mondes du travail est d'autant plus frappant : la progression rapide du ch&#244;mage, la pr&#233;carisation structurelle des classes populaires, en particulier de la classe ouvri&#232;re, se traduisent aussi par la crainte de perte d'emploi, et surtout par une ins&#233;curit&#233; &#233;conomique et sociale massive5. Celle-ci est loin de se r&#233;duire au &#171; stress &#187; suscit&#233; par les nouvelles m&#233;thodes de management, aussi dramatique soit-il ; il n'a rien &#224; voir avec le pr&#233;tendu attachement &#224; un statut, ainsi que voudraient le faire croire les id&#233;ologues n&#233;o-lib&#233;raux, jamais en manque de th&#232;mes porteurs pour renouveler sans fin la rh&#233;torique r&#233;actionnaire. &#192; l'&#233;chelle mondiale, la crise sociale s'amplifie et les classes populaires sont projet&#233;es dans une p&#233;riode d'incertitude accrue, qui oblit&#232;re l'avenir individuel et collectif.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le &#171; capitalisme vert &#187;, parfois pr&#233;sent&#233; comme l'une des issues de la crise, avec l'ensemble des innovations scientifiques et technologiques cens&#233;es &#171; bouleverser &#187; nos modes de vie dans les ann&#233;es qui viennent (nanotechnologies, th&#233;rapies g&#233;niques, etc.), est en passe de devenir une nouvelle illusion collective promue par tout l'appareil m&#233;diatico-industriel, l&#233;gitimant la persistance d'un ordre n&#233;o-lib&#233;ral centr&#233; sur les logiques marchandes et concurrentielles. Il est justifi&#233; par les constats r&#233;p&#233;t&#233;s d'une crise environnementale de plus en plus aigu&#235; et potentiellement incontr&#244;lable &#224; laquelle il est pourtant bien loin de r&#233;pondre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Car le sommet de Copenhague sur le climat6, comme celui de Pittsburgh7 en mati&#232;re &#233;conomique, va tr&#232;s certainement confirmer le d&#233;calage abyssal entre le retour des discours volontaristes d'un c&#244;t&#233; et de l'autre les inflexions des politiques publiques lentes, partielles, ambigu&#235;s, le plus souvent encore tr&#232;s impr&#233;gn&#233;es de la &#171; religion du march&#233; &#187;. Face &#224; ces non-r&#233;ponses, la construction d'un projet alternatif est plus que jamais &#224; l'ordre du jour ; elle devrait autant mobiliser que la qu&#234;te d'une perspective politique enfin cr&#233;dible du c&#244;t&#233; des &#171; forces de transformation sociale &#187;, en France, en Europe et au-del&#224;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Mouvement (sp&#233;culatif) de hausse prononc&#233;e mais &#233;ph&#233;m&#232;re sur un march&#233; boursier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Selon le concept de &lt;i&gt;self-fulfilling prophecy&lt;/i&gt; d&#251; &#224; Robert K. Merton (1949).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] La cr&#233;ation du &#171; Nasdaq chinois &#187; &#224; Shenzen vient de se traduire par une progression fulgurante des cours.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] Proches &#224; l'origine des d&#233;mocrates-chr&#233;tiens, les ordo-lib&#233;raux sont les inspirateurs de l'&#233;conomie sociale de march&#233;, qui se propose en principe de faire une synth&#232;se entre libert&#233; &#233;conomique et justice sociale. Succ&#232;s &#233;conomiques allemands aidant, toutes les forces politiques du pays se sont ralli&#233;es &#224; cette conception &#224; partir des ann&#233;es 1960.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#201;dito du num&#233;ro 9. Un conte moral</title>
		<link>https://savoir-agir.org/Edito-du-numero-9-Un-conte-moral.html</link>
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		<dc:date>2009-09-13T21:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>En septembre 2008, le syst&#232;me bancaire et financier des &#201;tats-Unis, infest&#233; par plusieurs milliers de milliards de dollars de cr&#233;ances douteuses issues du march&#233; immobilier, est au bord de l'effondrement, en particulier apr&#232;s la faillite de la banque d'investissement Lehman Brothers, annonc&#233;e le 15 septembre. La confiance dispara&#238;t : le march&#233; interbancaire s'arr&#234;te de fonctionner et les bourses de valeurs chutent lourdement partout dans le monde. Les banques centrales interviennent massivement : (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En septembre 2008, le syst&#232;me bancaire et financier des &#201;tats-Unis, infest&#233; par plusieurs milliers de milliards de dollars de cr&#233;ances douteuses issues du march&#233; immobilier, est au bord de l'effondrement, en particulier apr&#232;s la faillite de la banque d'investissement Lehman Brothers, annonc&#233;e le 15 septembre. La confiance dispara&#238;t : le march&#233; interbancaire s'arr&#234;te de fonctionner et les bourses de valeurs chutent lourdement partout dans le monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les banques centrales interviennent massivement : injection de liquidit&#233;s, baisse rapide des taux d'int&#233;r&#234;t, adoption de politiques &#171; non conventionnelles &#187; de rachats d'actifs, financement direct de la dette publique dans certains pays comme le Royaume-Uni&#8230; Les directions du Tr&#233;sor recapitalisent les banques proches de la faillite pour leur &#233;viter le sort de Lehman Brothers et les dirigeants politiques annoncent &#224; diverses occasions que la contrepartie de leur aide sera une nouvelle &#171; r&#233;gulation &#187;, encore mal d&#233;finie, de la finance mondiale. La banque am&#233;ricaine Citigroup, par exemple, &#224; l'agonie, b&#233;n&#233;ficie d'&#233;normes recapitalisations successives (l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral d&#233;tenant &#224; un moment 40% de son capital), assorties de garanties d'actifs. Ce mod&#232;le de sauvetage sera largement reproduit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Confront&#233;s &#224; une dynamique r&#233;cessive extr&#234;mement prononc&#233;e &#224; partir de la fin 2008, les &#201;tats renoncent &#224; court terme &#224; l'objectif d'&#233;quilibre budg&#233;taire et engagent des fonds publics dans des &#171; plans de relance &#187;, d'un volume variable selon les pays (le plan Obama s'&#233;l&#232;ve &#224; 790 milliards de dollars, le plan chinois &#224; 600 milliards) qui ont pour but de limiter les effets macro&#233;conomiques d'un choc qui trouve principalement son origine dans la sph&#232;re financi&#232;re. Taux d'int&#233;r&#234;t tr&#232;s faibles du c&#244;t&#233; des banques centrales et d&#233;ficits budg&#233;taires abyssaux des &#201;tats : les politiques &#171; keyn&#233;siennes &#187;, discr&#233;dit&#233;es par le succ&#232;s mondial du &#171; mon&#233;tarisme &#187; depuis les ann&#233;es 1970, reviennent en force. Elles s'accompagnent d'un bond sans pr&#233;c&#233;dent de la dette publique, qui avait &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e, peu de temps auparavant, comme un mal absolu par divers repr&#233;sentants des &#233;lites &#233;conomiques et politiques [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='footnote' title='On relira, sans sourire, le rapport P&#233;bereau de 2005, proph&#233;tiquement (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La nouvelle volont&#233; de r&#233;gulation de la finance mondiale, affich&#233;e de sommet en sommet par les dirigeants de la plan&#232;te, touche &#224; divers domaines : les r&#233;mun&#233;rations des banquiers et des &lt;i&gt;traders&lt;/i&gt; jug&#233;es trop favorables &#224; la prise de risque et aux strat&#233;gies de court-terme, les &#171; paradis fiscaux &#187;, les comportements sp&#233;culatifs et opaques des &lt;i&gt;hedge funds&lt;/i&gt;, etc. Les politiques semblent avoir repris le dessus sur les financiers et les banquiers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'ordre mondial est &#233;branl&#233;. La domination des &#201;tats-Unis, source de graves d&#233;s&#233;quilibres commerciaux et financiers, est partiellement remise en cause : le r&#244;le du dollar, la gouvernance dissym&#233;trique des institutions financi&#232;res internationales, le management du risque d&#233;faillant dans la finance &#233;tats-unienne sont discut&#233;s aux plus hauts niveaux. La relation particuli&#232;re de l'&#233;conomie am&#233;ricaine avec l'&#233;conomie chinoise est mise au centre de la reconstruction d'un nouvel ordre &#233;conomique international susceptible d'&#234;tre enfin plus juste et moins instable [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='footnote' title='On peut se r&#233;f&#233;rer sur tous ces points au rapport de la commission Stiglitz (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les politiques publiques s'infl&#233;chissent dans un sens &#171; interventionniste &#187; et &#171; social &#187; avec l'aggravation des cons&#233;quences de la crise. Plus de 50 millions d'emplois sont menac&#233;s selon le Bureau international du travail (BIT) [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour consulter le rapport Faire face &#224; la crise mondiale de l'emploi. Une (...)' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;] et, dans les pays en d&#233;veloppement, faute d'&#201;tat social, ce sont des masses de travailleurs pr&#233;caires qui sont brutalement condamn&#233;es &#224; l'extr&#234;me pauvret&#233;... Les mesures prises par les pouvoirs publics, plus ou moins timides selon les r&#233;gions du monde, ne parviennent cependant qu'&#224; ralentir la dynamique destructrice. Les emplois verts et les investissements publics massifs sont loin d'&#234;tre &#224; la hauteur d'un &#171; trou d'air &#187; &#233;conomique o&#249; les anticipations pessimistes se nourrissent les unes des autres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Puis, faisant de la plus petite &#171; bonne nouvelle &#187; venue des &#201;tats-Unis ou de Chine un signe annonciateur de &#171; reprise &#187;, les bourses renouent, &#224; partir de mars 2009, avec la croissance sp&#233;culative. La bourse de Shanga&#239; conna&#238;t une progression fulgurante. Voici m&#234;me, quelques mois plus tard, que les banques am&#233;ricaines annoncent leurs r&#233;sultats &#233;conomiques du deuxi&#232;me trimestre : elles ont, parfois tr&#232;s fortement comme pour Goldmann Sachs, renou&#233; avec les profits et semblent anticiper d&#233;sormais l'avenir avec s&#233;r&#233;nit&#233;. La &lt;i&gt;City&lt;/i&gt; recommence &#224; attirer les &lt;i&gt;traders&lt;/i&gt;, courtis&#233;s par les chasseurs de t&#234;te. Les banques les plus en difficult&#233; il y a peu remboursent rapidement l'argent public qui les avait sorties du gouffre. Un courtier de Citigroup demande &#224; b&#233;n&#233;ficier du bonus de 100 millions de dollars promis pour 2009&#8230; Les banquiers et financiers qui ont &#233;chapp&#233; &#224; la catastrophe en 2008 sortent ainsi presque renforc&#233;s de cette forme de darwinisme &#233;conomique qu'est la crise, illustrant bien l'inanit&#233; pratique de la notion d'al&#233;a moral forg&#233;e par la &#171; th&#233;orie &#233;conomique &#187; : ce sont les fauteurs de crise qui ont &#233;t&#233; aid&#233;s par les &#201;tats, et ils n'ont donc aucune raison de ne pas, &#224; nouveau, prendre de risque &#224; l'avenir. Les projets de r&#233;gulation perdent de leur urgence et se heurtent de fa&#231;on de moins en moins souterraine au pouvoir revigor&#233; de la finance mondialis&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'explosion de la dette publique fournit un th&#232;me de mobilisation aux &#233;lites financi&#232;res, aux banquiers centraux et &#224; leurs porte-parole parmi les &#233;conomistes : la &#171; reprise &#187;, esp&#233;r&#233;e au point d'&#234;tre devenue une obsession quotidienne, sera le moment du retour &#224; l'ordre budg&#233;taire et mon&#233;taire. Puisque l'augmentation des imp&#244;ts ajouterait de l'interventionnisme &#224; l'interventionnisme, l'objectif sera d&#233;sormais clairement la r&#233;duction des d&#233;penses publiques, accompagn&#233;e de pressions &#224; la baisse sur les salaires pour &#233;viter tout risque inflationniste (rendu plus cr&#233;dible par le laxisme mon&#233;taire n&#233; de la gestion de la crise). Conform&#233;ment &#224; leurs dogmes, les responsables n&#233;o-lib&#233;raux voient donc aujourd'hui dans la n&#233;cessit&#233; de remettre en &#233;tat les finances publiques une nouvelle occasion d'agir avec force pour restructurer les &#201;tats-providence et r&#233;former les march&#233;s du travail, afin d'&#171; adapter les &#233;conomies &#224; la concurrence mondiale &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La crise pourrait ainsi avoir rendu possible une nouvelle radicalisation des &#233;lites &#233;conomiques dirigeantes : renforcement du pouvoir financier fermement soutenu par les &#201;tats (au sein de ce que l'on peut caract&#233;riser comme un syst&#232;me de capitalisme financier d'&#201;tat), pr&#233;carisation de masse des salari&#233;s, en particulier dans le monde en d&#233;veloppement, d&#233;mant&#232;lement de l'&#201;tat-providence accentu&#233; dans des pays en difficult&#233;s budg&#233;taires, et &#224; terme : nouvelles r&#233;ductions des d&#233;penses d'&#233;ducation, de sant&#233;, et effritement accru des syst&#232;mes de protection sociale partout dans le monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En France, le dogme maintenu du non-remplacement partiel des fonctionnaires partant &#224; la retraite, la &#171; promesse &#187; d'un recul de l'&#226;ge de d&#233;part &#224; la retraite pour l'ensemble des salari&#233;s ne sont peut-&#234;tre que les avant-go&#251;ts d'une politique d'ajustement structurel qui est aujourd'hui souhait&#233;e par de nombreux &#171; d&#233;cideurs &#187;, au sein de la haute administration et du gouvernement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La crise de la finance mondiale aura alors contribu&#233; &#224; la r&#233;alisation compl&#232;te du programme &#233;conomique destructeur qui l'a rendue possible. Mais le pire n'est pas toujours certain car, heureusement, ce sont aussi les peuples qui font l'histoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-1' id='nb2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] On relira, sans sourire, le rapport P&#233;bereau de 2005, proph&#233;tiquement intitul&#233; Rompre avec la facilit&#233; de la dette publique. Pour des finances publiques au service de notre croissance &#233;conomique et de notre coh&#233;sion sociale, commission pr&#233;sid&#233;e par Michel P&#233;bereau. Le rapport Attali de 2007 reprenait la m&#234;me antienne de fa&#231;on aussi agressive. L'histoire &#233;conomique offre parfois des effets comiques inattendus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-2' id='nb2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] On peut se r&#233;f&#233;rer sur tous ces points au rapport de la commission Stiglitz aupr&#232;s du secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'ONU, qui marque la pointe avanc&#233;e de la volont&#233; r&#233;formatrice au sein du champ du pouvoir mondial. Pour consulter le compte-rendu de la conf&#233;rence de presse qui en est issue : &lt;a href=&quot;http://www.un.org/News/briefings/docs/2009/090625_Stiglitz.doc.htm&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.un.org/News/briefings/do...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-3' id='nb2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] Pour consulter le rapport &lt;i&gt;Faire face &#224; la crise mondiale de l'emploi. Une reprise centr&#233;e sur le travail d&#233;cent&lt;/i&gt; : &lt;a href=&quot;http://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/---ed_norm/---relconf/documents/meetingdocument/wcms_106223.pdf&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.ilo.org/wcmsp5/groups/pu...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;dito du num&#233;ro 8. Vers une soci&#233;t&#233; de d&#233;fiance</title>
		<link>https://savoir-agir.org/Edito-du-numero-8-Vers-une-societe.html</link>
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		<dc:date>2009-05-31T22:19:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lebaron</dc:creator>



		<description>Faisant du moindre signe de ralentissement de la d&#233;gradation &#233;conomique et sociale mondiale un indice de prochaine &#171; sortie de crise &#187;, les autorit&#233;s et leurs relais m&#233;diatiques tentent aujourd'hui par tous les moyens de r&#233;tablir enfin la &#171; confiance &#187; en l'avenir des acteurs (m&#233;nages, chefs d'entreprise, investisseurs), qui s'&#233;tait fortement &#233;rod&#233;e depuis d&#233;but 2008, au moment o&#249; le prix du baril de p&#233;trole avait connu une hausse brutale. Depuis quelques semaines, l'op&#233;ration semble fonctionner en ce qui (...)

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&lt;a href="https://savoir-agir.org/-Les-editos-de-Savoir-Agir-.html" rel="directory"&gt;Les &#233;ditos de Savoir/Agir&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Faisant du moindre signe de ralentissement de la d&#233;gradation &#233;conomique et sociale mondiale un indice de prochaine &#171; sortie de crise &#187;, les autorit&#233;s et leurs relais m&#233;diatiques tentent aujourd'hui par tous les moyens de r&#233;tablir enfin la &#171; confiance &#187; en l'avenir des acteurs (m&#233;nages, chefs d'entreprise, investisseurs), qui s'&#233;tait fortement &#233;rod&#233;e depuis d&#233;but 2008, au moment o&#249; le prix du baril de p&#233;trole avait connu une hausse brutale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_23 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt; &lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;https://savoir-agir.org/IMG/pdf/SA7-Lebaron.pdf&quot; title='PDF - 69 ko' type=&quot;application/pdf&quot;&gt;&lt;img src='https://savoir-agir.org/local/cache-vignettes/L52xH52/pdf-eb697.png' width='52' height='52' alt='PDF - 69 ko' style='height:52px;width:52px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt; &lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:120px;'&gt;&lt;strong&gt;Edito S/A n&#176;7&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques semaines, l'op&#233;ration semble fonctionner en ce qui concerne les grandes places financi&#232;res mondiales : la plupart ont retrouv&#233; leurs niveaux de d&#233;but 2009, voire connu des performances notables en 2009. Des &#171; signaux &#187; de reprise venus de Chine puis des &#201;tats-Unis permettraient d'annoncer pour tr&#232;s bient&#244;t le retournement conjoncturel tant attendu. Les responsables, notamment les gouverneurs de banque centrale et les ministres des Finances, n'ont de cesse d'adopter dans leurs discours quotidiens une tonalit&#233; optimiste, tout en reconnaissant rituellement l'importance et la longueur in&#233;dites de la crise en cours.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pourtant aujourd'hui que ses effets sociaux commencent &#224; appara&#238;tre dans toute leur brutalit&#233;. Des pays entiers connaissent un effondrement de leur activit&#233; et une hausse vertigineuse du ch&#244;mage et de la pr&#233;carit&#233;. Lorsque leur march&#233; du travail a &#233;t&#233; fortement flexibilis&#233; et leur &#201;tat social d&#233;mantel&#233;, comme dans les pays anglo-saxons ou les pays baltes, la crise plonge ainsi de nombreux foyers dans une situation de tr&#232;s grande pauvret&#233; et d'ins&#233;curit&#233; &#233;conomique et sociale end&#233;mique. Des trajectoires d'ascension sociale sont interrompues et l'insertion de nombreux jeunes rendue encore plus pr&#233;caire et incertaine qu'elle ne l'&#233;tait auparavant. Les anticipations favorables n&#233;es du dernier cycle d'euphorie s'&#233;loignent durablement. Dans les pays en d&#233;veloppement et les &#233;conomies &#171; &#233;mergentes &#187;, les gains de quelques ann&#233;es de croissance, d&#233;j&#224; tr&#232;s in&#233;galement r&#233;partis, sont remis en cause pour la grande majorit&#233; de la population. Des populations enti&#232;res sont replong&#233;es dans les strat&#233;gies de survie de l'&#233;conomie informelle ou brutalement renvoy&#233;es dans leurs r&#233;gions d'origine, comme le montre le cas des travailleurs migrants ruraux chinois. Dans les pays aux syst&#232;mes de protection sociale plus &#233;tendus et g&#233;n&#233;reux, comme en Europe occidentale et septentrionale, les effets de la crise sont diff&#233;r&#233;s ou att&#233;nu&#233;s, mais ils s'y manifestent aussi, de fa&#231;on tr&#232;s diff&#233;renci&#233;e selon les groupes sociaux. La classe ouvri&#232;re continue, partout, de payer le prix fort des fluctuations &#233;conomiques et de l'effondrement de certains secteurs industriels.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour l'instant, la strat&#233;gie am&#233;ricaine de relance massive a permis d'&#233;viter le pire sur le plan financier, mais sans &#234;tre capable de laisser entrevoir un nouveau mod&#232;le de d&#233;veloppement, et a fortiori de soci&#233;t&#233;. Il s'agit surtout, pour les acteurs dirigeants, de r&#233;amorcer la pompe euphorisante de l'endettement des m&#233;nages qui avait &#233;t&#233; au principe de la dynamique d&#233;s&#233;quilibr&#233;e des derni&#232;res ann&#233;es. Dans une p&#233;riode de hausse des cours et des prix immobiliers, l'augmentation du patrimoine avait permis l'acc&#232;s accru au cr&#233;dit, enclenchant un cercle &#171; vertueux &#187; d'enrichissement individuel pour les m&#233;nages, malheureusement illusoire en ce qui concerne les moins fortun&#233;s. L'optimisme actuel des acteurs financiers cache ainsi la croyance en la possibilit&#233; de r&#233;tablir les conditions &#233;conomiques tr&#232;s particuli&#232;res qui ont pr&#233;valu avant la crise des &lt;i&gt;subprimes&lt;/i&gt;, celles du capitalisme financier globalis&#233;, in&#233;galitaire et instable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le recours &#224; l'endettement public, qui a permis de limiter les cons&#233;quences de la crise et de ralentir les dynamiques d'effondrement syst&#233;mique, fait aujourd'hui planer une menace importante sur le bien-&#234;tre collectif futur : elle annonce, en effet, des pressions &#224; la r&#233;duction des d&#233;penses publiques et une nouvelle diminution des filets de s&#233;curit&#233; sociaux dans les ann&#233;es &#224; venir. En France, elle s'accompagne de la poursuite d'attaques contre les services publics, qui avaient pourtant permis jusque l&#224; d'assurer diverses formes de coh&#233;sion sociale et de protection face aux risques et &#224; l'avenir : &#233;ducation et recherche publiques, sant&#233;, transports collectifs, &#233;nergie, collectivit&#233;s locales. Ces attaques &#233;rodent tendanciellement la confiance sociale, dont divers travaux tendent &#224; montrer qu'elle est largement fond&#233;e sur l'existence d'institutions solides et reconnues [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir par exemple, G.T.Svensen et G.LHaase Svensen (eds), Handbook of Social (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La politique de &#171; rupture &#187; avec le &#171; mod&#232;le social &#187; contribue ainsi &#224; l'instauration d'un climat de d&#233;fiance g&#233;n&#233;ralis&#233;, qui fragilise les institutions et les groupes, en aiguisant les concurrences et les sentiments d'injustice. L'exemple de la r&#233;forme de l'enseignement sup&#233;rieur et de recherche en France, avec la loi LRU et ses cons&#233;quences, est particuli&#232;rement net : en mettant en &#339;uvre de fa&#231;on autoritaire un objectif de polarisation in&#233;galitaire des ressources, issu de la strat&#233;gie de Lisbonne, afin d'accro&#238;tre la &#171; comp&#233;titivit&#233; &#187; du syst&#232;me national de recherche et des universit&#233;s, les &#171; r&#233;formateurs &#187; ont d'abord contribu&#233; &#224; la diffusion rapide de la d&#233;fiance de tr&#232;s nombreux acteurs envers les principaux responsables (minist&#232;re, pr&#233;sidents d'universit&#233;, dirigeants des institutions de recherche) et envers les institutions elles-m&#234;mes. Une gestion de crise technocratique et arrogante, fond&#233;e sur les certitudes de la &#171; science &#233;conomique &#187;, accro&#238;t encore le pessimisme et la d&#233;fiance collectifs. En accentuant sa logique autoritaire et r&#233;pressive, la politique gouvernementale amplifie ainsi aujourd'hui les effets n&#233;gatifs des restrictions budg&#233;taires, qui menacent d&#233;j&#224; la poursuite des missions de service public, et cr&#233;e, au sein des universit&#233;s comme dans d'autres secteurs sociaux, une profonde crise morale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La confiance ne se d&#233;cr&#232;te pas. Lorsqu'elle a disparu, elle ne se reconquiert pas simplement &#224; l'aide d'une communication optimiste et d'une &#171; gouvernance &#187; ignorante des contradictions sociales et des sentiments collectifs. Celles-ci annoncent surtout l'av&#232;nement rapide, seulement r&#233;versible gr&#226;ce aux luttes sociales et &#224; un changement de cap politique radical, d'une soci&#233;t&#233; de d&#233;fiance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3-1' id='nb3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Voir par exemple, G.T.Svensen et G.LHaase Svensen (eds), &lt;i&gt;Handbook of Social Capital. The Troika of Sociology, Political Science and Economics&lt;/i&gt;, Cheltenham (UK)/Northampton (USA), Edward Elgar, 2009.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;dito du num&#233;ro 7. Vers une nouvelle force politique ?</title>
		<link>https://savoir-agir.org/Edito-du-numero-7-Vers-une.html</link>
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		<dc:date>2009-02-28T23:33:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lebaron</dc:creator>



		<description>Le contexte de crise se traduit par un &#233;branlement profond de la croyance &#233;conomique dominante. Il est trop t&#244;t, bien s&#251;r, pour d&#233;terminer si la p&#233;riode historique qui s'est ouverte surtout depuis l'&#233;t&#233; 2007 &#8211; et plus encore septembre 2008 &#8211; n'est qu'une sorte de parenth&#232;se dans la marche en avant n&#233;o-lib&#233;rale ou s'il s'agit, au contraire, du d&#233;but d'une nouvelle &#232;re politique et &#233;conomique. On observe en tout cas, au moins de fa&#231;on conjoncturelle, que quelques id&#233;es, hier &#171; marginales &#187;, tendent &#224; devenir (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le contexte de crise [&lt;a href='#nb4-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Cet &#233;ditorial reprend l'essentiel de l'intervention lors du d&#233;bat &#171; Qui se (...)' id='nh4-1'&gt;1&lt;/a&gt;] se traduit par un &#233;branlement profond de la croyance &#233;conomique dominante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_24 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt; &lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;https://savoir-agir.org/IMG/pdf/SA7-Lebaron-2.pdf&quot; title='PDF - 69 ko' type=&quot;application/pdf&quot;&gt;&lt;img src='https://savoir-agir.org/local/cache-vignettes/L52xH52/pdf-eb697.png' width='52' height='52' alt='PDF - 69 ko' style='height:52px;width:52px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt; &lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:120px;'&gt;&lt;strong&gt;Edito S/A n&#176;7&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Il est trop t&#244;t, bien s&#251;r, pour d&#233;terminer si la p&#233;riode historique qui s'est ouverte surtout depuis l'&#233;t&#233; 2007 &#8211; et plus encore septembre 2008 &#8211; n'est qu'une sorte de parenth&#232;se dans la marche en avant n&#233;o-lib&#233;rale ou s'il s'agit, au contraire, du d&#233;but d'une nouvelle &#232;re politique et &#233;conomique. On observe en tout cas, au moins de fa&#231;on conjoncturelle, que quelques id&#233;es, hier &#171; marginales &#187;, tendent &#224; devenir h&#233;g&#233;moniques : ainsi celle selon laquelle le monde ne peut plus continuer dans la voie d'un d&#233;veloppement destructeur pour la plan&#232;te, ou encore que la mondialisation financi&#232;re a conduit le monde &#224; la catastrophe &#224; travers l'augmentation sans pr&#233;c&#233;dent de l'instabilit&#233; et des in&#233;galit&#233;s syst&#233;miques. C'est un triomphe, au moins discursif, des th&#232;mes de l'&#233;cologie politique et du projet, d&#233;fendu par Attac, de &#171; d&#233;sarmer les march&#233;s financiers &#187;. Bien s&#251;r, il y a tr&#232;s loin des discours les plus volontaristes aux actes, mais la conqu&#234;te d'une forme d'h&#233;g&#233;monie intellectuelle, m&#234;me ponctuelle, par ce qui &#233;tait consid&#233;r&#233; il y a peu comme les marges de l'espace public (la &#171; n&#233;buleuse altermondialiste &#187;), n'est pas un fait anodin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La principale difficult&#233; tient peut-&#234;tre au fait que, dans ce nouveau contexte mondial, les politiques publiques, port&#233;es en Europe par les conservateurs et les sociaux-d&#233;mocrates, continuent &#224; mettre les salari&#233;s en concurrence, &#224; d&#233;manteler les services publics, en particulier dans l'&#233;ducation, la recherche, la sant&#233;, les transports, etc. La France conna&#238;t m&#234;me aujourd'hui un v&#233;ritable plan d'ajustement structurel qui vise en premier lieu les syst&#232;mes &#233;ducatif et de sant&#233;, contraints &#224; adopter des crit&#232;res de &#171; performance &#187; externes et arbitraires. L'heure est plus que jamais aux &#171; r&#233;formes structurelles &#187; visant &#224; flexibiliser le march&#233; du travail et &#224; restreindre un peu plus les protections collectives, au moment o&#249; elles s'av&#232;rent le plus n&#233;cessaires. On est donc confront&#233;, d'un c&#244;t&#233;, &#224; l'&#233;mergence d'un discours qui propose un n&#233;o-keyn&#233;sianisme vert, des actes encore assez limit&#233;s pour le mettre en &#339;uvre (m&#234;me si les plans de soutien aux banques et les plans de relance sont de grande ampleur, au moins aux &#201;tats-Unis et dans certains pays d'Europe), et la poursuite d'un programme qui d&#233;truit m&#233;thodiquement la coh&#233;sion des soci&#233;t&#233;s (la &#171; machine infernale &#187; dont parlait Pierre Bourdieu [&lt;a href='#nb4-2' class='spip_note' rel='footnote' title='P. Bourdieu, Contre-feux. Propos pour servir &#224; la r&#233;sistance contre (...)' id='nh4-2'&gt;2&lt;/a&gt;]2). Tant que ces politiques publiques continueront, les luttes seront d&#233;fensives et se structureront en premier lieu autour des r&#233;sistances &#224; la marchandisation du monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De quelle force politique avons-nous besoin ? Une force, bien s&#251;r, qui soutienne les luttes, mais aussi et surtout qui annonce en positif ce qu'elle veut et qui commence &#224; le r&#233;aliser dans les diff&#233;rentes sph&#232;res d'activit&#233; sociale. Un v&#233;ritable &lt;i&gt;green new deal&lt;/i&gt;, qui viserait &#224; rendre l'appareil productif pleinement respectueux de l'environnement, serait un premier pas vers une autre soci&#233;t&#233;. Mais au-del&#224;, c'est un mod&#232;le de soci&#233;t&#233; de bien-&#234;tre, &#233;galitaire, solidaire, respectueux des &#233;quilibres environnementaux, &#233;loign&#233; des valeurs consum&#233;ristes et productivistes, qu'une nouvelle force politique devrait porter et surtout chercher &#224; incarner dans des changements r&#233;els. Ce qui est attendu aujourd'hui, en particulier dans les classes populaires, c'est d'abord une force politique efficace (une force politique se juge &#224; ce qu'elle obtient pour le plus grand nombre, &#224; ses effets), une force coh&#233;rente et organis&#233;e, mais qui ne reproduise pas la coupure rigide entre une &#233;lite &#233;clair&#233;e et des troupes dociles ; une force collective et unitaire, mais qui laisse le maximum d'espace aux expressions singuli&#232;res de r&#233;sistance aux diverses formes de domination ; une force ouverte sur la soci&#233;t&#233;, mais d&#233;termin&#233;e et militante, voire activiste, si cet activisme s'av&#232;re socialement b&#233;n&#233;fique. Aucun parti ou courant ne peut pr&#233;tendre aujourd'hui incarner seul toutes ces exigences. En m&#234;me temps, il faut bien reconna&#238;tre que les logiques qui tendent &#224; la d&#233;sunion de cette vraie gauche sont nombreuses et durables : id&#233;ologiques, culturelles, sans doute, mais surtout organisationnelles et m&#234;me &#233;conomiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela ne signifie pas qu'elles soient insurmontables, mais les d&#233;passer suppose un v&#233;ritable travail politique, appuy&#233; sur un examen lucide auquel les sciences sociales peuvent, certainement, contribuer. De ce point de vue, il s'agit, aussi d'inventer de nouvelles relations entre intellectuels, mouvement social et champ politique. Par le pass&#233;, les organisations militantes (qu'elles soient d'ailleurs politiques, syndicales ou associatives) ont combin&#233; deux attitudes extr&#234;mes dans leur vision du r&#244;le des intellectuels : l'anti-intellectualisme (qui a pris la forme de l'ouvri&#233;risme pendant une longue p&#233;riode du mouvement ouvrier fran&#231;ais) et les demandes de proph&#233;ties fondatrices, souvent li&#233;es &#224; des tentatives d'instrumentalisation par des acteurs politiques (demandes qui se sont traduites par des luttes sans fin autour de la d&#233;finition l&#233;gitime du marxisme) [&lt;a href='#nb4-3' class='spip_note' rel='footnote' title='La figure de l'intellectuel organique, int&#233;gr&#233; au Parti ou au mouvement, a (...)' id='nh4-3'&gt;3&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est, &#224; l'inverse, en renfor&#231;ant l'autonomie du champ intellectuel, en respectant la multiplicit&#233; des savoirs disciplinaires et des sous-espaces de production savante, en multipliant les &#233;clairages rationnels sur des questions sp&#233;cifiques au d&#233;triment de la qu&#234;te d'une proph&#233;tie globale, qu'une force politique nouvelle peut esp&#233;rer &#171; rencontrer &#187; &#224; nouveau les &#171; intellectuels &#187; et, plus sp&#233;cifiquement, les chercheurs en sciences sociales. Elle peut attendre de cette rencontre un surcro&#238;t de r&#233;flexivit&#233; (mieux se conna&#238;tre elle-m&#234;me est aussi une condition d'efficacit&#233; de son action [&lt;a href='#nb4-4' class='spip_note' rel='footnote' title='C'est l'une des raisons d'&#234;tre d'un collectif comme Raisons d'agir d'avoir fait (...)' id='nh4-4'&gt;4&lt;/a&gt;]), et la production collective, progressive et modeste, d'un discours politique alternatif, articulant constats et orientations concr&#232;tes d'action, qui serait &#233;loign&#233; aussi bien du verbalisme d'avant-garde que de la &lt;i&gt;doxa&lt;/i&gt; rationalis&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4-1' id='nb4-1' class='spip_note' title='Notes 4-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Cet &#233;ditorial reprend l'essentiel de l'intervention lors du d&#233;bat &#171; Qui se ressemble se rassemble &#187;, &#224; l'initiative des animateurs de la F&#233;d&#233;ration pour une alternative sociale et &#233;cologique, La D&#233;fense, 13 d&#233;cembre 2008.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4-2' id='nb4-2' class='spip_note' title='Notes 4-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] P. Bourdieu, &lt;i&gt;Contre-feux. Propos pour servir &#224; la r&#233;sistance contre l'invasion n&#233;olib&#233;ral&lt;/i&gt;e, Paris, Raisons d'agir, 1998.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4-3' id='nb4-3' class='spip_note' title='Notes 4-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] La figure de l'intellectuel organique, int&#233;gr&#233; au Parti ou au mouvement, a d'ailleurs pu s'accommoder de ces deux d&#233;finitions oppos&#233;es, en renon&#231;ant &#224; l'autonomie du travail intellectuel dans l'organisation, et en recherchant une cons&#233;cration temporelle par le statut politique dominant accord&#233; &#224; une th&#233;orie ou doctrine &#171; fondatrice &#187; (philosophique ou &#233;conomique, en premier lieu).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4-4' id='nb4-4' class='spip_note' title='Notes 4-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] C'est l'une des raisons d'&#234;tre d'un collectif comme Raisons d'agir d'avoir fait de la r&#233;flexivit&#233; sociologique une contribution proprement &#171; militante &#187;. Cf. Fr&#233;d&#233;ric Lebaron, G&#233;rard Mauger, &#171; &lt;i&gt;&#201;l&#233;ments pour une histoire &lt;/i&gt; &#187;, Cahiers de l'association Raisons d'agir, n&#176;1, juin 2003, p.3-6. On peut en effet s'&#233;tonner que des organisations &#171; critiques &#187; soient, en pratique, si r&#233;tives &#224; l'objectivation de leurs caract&#233;ristiques sociales et d&#233;mographiques, des propri&#233;t&#233;s de leurs discours et de tout ce que leurs strat&#233;gies et orientations doivent &#224; des contraintes &#233;conomiques et organisationnelles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#201;dito du num&#233;ro 6</title>
		<link>https://savoir-agir.org/Edito-du-numero-6.html</link>
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		<dc:date>2008-11-30T23:08:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lebaron</dc:creator>



		<description>Changements syst&#233;miques ? La crise financi&#232;re mondiale est plus que jamais au centre de l'actualit&#233;, apr&#232;s une nouvelle s&#233;quence de panique et le r&#233;tablissement (au moins momentan&#233;) de la &#171; confiance &#187; sur les march&#233;s de la plan&#232;te. Le soulagement des commentateurs est &#224; la mesure de l'inqui&#233;tude qu'ils ont contribu&#233; &#224; propager, lorsque la chute des indices boursiers a soudain sembl&#233; se d&#233;fier de toutes les interventions publiques. &#171; Intervention publique &#187; est, bien s&#251;r, l'un des mots-cl&#233;s de cette p&#233;riode. (...)

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&lt;a href="https://savoir-agir.org/-Les-editos-de-Savoir-Agir-.html" rel="directory"&gt;Les &#233;ditos de Savoir/Agir&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Changements syst&#233;miques ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La crise financi&#232;re mondiale est plus que jamais au centre de l'actualit&#233;, apr&#232;s une nouvelle s&#233;quence de panique et le r&#233;tablissement (au moins momentan&#233;) de la &#171; confiance &#187; sur les march&#233;s de la plan&#232;te. Le soulagement des commentateurs est &#224; la mesure de l'inqui&#233;tude qu'ils ont contribu&#233; &#224; propager, lorsque la chute des indices boursiers a soudain sembl&#233; se d&#233;fier de toutes les interventions publiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_22 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt; &lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;https://savoir-agir.org/IMG/pdf/SA6-Int-Edito.pdf&quot; title='PDF - 68.2 ko' type=&quot;application/pdf&quot;&gt;&lt;img src='https://savoir-agir.org/local/cache-vignettes/L52xH52/pdf-eb697.png' width='52' height='52' alt='PDF - 68.2 ko' style='height:52px;width:52px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt; &lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:120px;'&gt;&lt;strong&gt;Edito S/A n&#176;6&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&#171; Intervention publique &#187; est, bien s&#251;r, l'un des mots-cl&#233;s de cette p&#233;riode. Depuis plus d'un an, on assiste &#224; une rapide r&#233;habilitation de l'&#201;tat sur lequel repose en d&#233;finitive toute la cha&#238;ne de confiance qui permet aux march&#233;s de fonctionner au jour le jour dans des conditions normales. Baisses de taux d'int&#233;r&#234;t et mise &#224; disposition de liquidit&#233;s par les banques centrales, recapitalisation et nationalisation de banques par les &#201;tats, assorties de l'engagement de ne laisser aucune banque d'importance syst&#233;mique faire faillite, de la garantie publique des pr&#234;ts interbancaires, d'une re-r&#233;gulation, etc., c'est toute une panoplie d'actions publiques de plus en plus coordonn&#233;es et globales qui ont permis d'enrayer &#224; court terme un mouvement de d&#233;fiance devenu incontr&#244;lable, amplifi&#233; par les m&#233;dias et des communications nationales d&#233;sordonn&#233;es. Ces interventions sont, en elles-m&#234;mes, un changement syst&#233;mique, puisqu'elles replacent, de fa&#231;on visible et explicite, l'&#201;tat et les banques centrales au centre du syst&#232;me &#233;conomique, ne serait-ce qu'en tant que pr&#234;teurs et assureurs en &#171; dernier ressort &#187;, garants de la confiance dans l'ensemble des march&#233;s. De ce point de vue, c'est la croyance dans l'efficience des march&#233;s autor&#233;gul&#233;s qui a subi ces derni&#232;res semaines un d&#233;menti cinglant : ce krach financier est aussi celui de la science &#233;conomique dominante. L'annonce par la plupart des dirigeants d'une prochaine r&#233;forme du syst&#232;me financier international, m&#234;me cantonn&#233;e &#224; une &#171; moralisation &#187; verbale et une r&#233;gulation accrue, indique que ce changement syst&#233;mique est en partie irr&#233;versible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant, l'euphorie retrouv&#233;e pourrait n'&#234;tre que de courte dur&#233;e : surtout pour les classes populaires. Il faut rappeler, tout d'abord, que la crise immobili&#232;re &#233;tats-unienne, loin d'&#234;tre r&#233;sorb&#233;e, continue de s'approfondir et que des crises similaires ont commenc&#233; &#224; affecter les &#233;conomies europ&#233;ennes, y compris l'&#233;conomie fran&#231;aise. Ensuite, le retournement conjoncturel global se r&#233;v&#232;le chaque jour plus profond dans les pays occidentaux voire au-del&#224;, et la derni&#232;re s&#233;quence &#171; panique-soulagement &#187; de la mi-octobre 2008, m&#234;me si elle permet de sortir au moins partiellement du &lt;i&gt;credit crunch&lt;/i&gt; redout&#233; (les banques &#233;taient jusque l&#224; dans l'incapacit&#233; d'exercer leurs fonctions de pr&#234;teurs aux agents &#233;conomiques, entreprises et m&#233;nages) risque de contribuer &#224; une r&#233;cession plus marqu&#233;e que pr&#233;vu. Le r&#233;tablissement de march&#233;s financiers sous contr&#244;le public ne suffit pas &#224; garantir la &#171; relance &#187; de l'&#233;conomie r&#233;elle, d'autant plus que la doctrine du laissez-faire et les fondamentaux orthodoxes, mis &#224; mal dans le secteur financier, survivent dans le reste de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On se trouve, en effet, dans une situation id&#233;ologique paradoxale. Officiellement, la r&#233;duction des d&#233;penses publiques est plus que jamais l'objectif central des politiques &#233;tatiques, en particulier en Europe : il s'agit toujours d'am&#233;liorer la comp&#233;titivit&#233; et de r&#233;duire la dette publique. Les &#201;tats sont cens&#233;s vivre au-dessus de leurs moyens (&#171; les caisses sont vides &#187;) et les salaires trop &#233;lev&#233;s continuer de menacer la stabilit&#233; des prix, mise &#224; mal au niveau mondial par la hausse pass&#233;e (le mouvement s'&#233;tant invers&#233; depuis fin juillet 2008) des prix du p&#233;trole et des mati&#232;res premi&#232;res. Ces m&#234;mes &#201;tats qui viennent de &#171; sauver &#187; le secteur financier mondial en le recapitalisant, en lui fournissant des liquidit&#233;s et des garanties durables, seraient donc simultan&#233;ment incapables d'assurer le financement futur des syst&#232;mes de protection sociale et des services publics ! Depuis vingt-cinq ans environ, le discours dominant a ainsi r&#233;ussi &#224; faire croire aux populations que les &#201;tats, d&#233;sormais impuissants, devaient s'autolimiter pour renforcer les entreprises sur les march&#233;s mondiaux. Nous venons de voir ce qu'il est advenu de cette politique de soumission forc&#233;e &#224; des march&#233;s id&#233;alis&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pendant ce temps, les r&#233;formes structurelles continuent. L'intervention publique sur les march&#233;s financiers ne cherche pas &#224; r&#233;former radicalement le syst&#232;me, mais &#224; le r&#233;former le moins possible et le moins durablement que faire se pourra tout en obtenant un maximum d'efficacit&#233; conjoncturelle, afin de poursuivre parall&#232;lement un programme &#171; pro-march&#233; &#187; global d&#233;j&#224; bien avanc&#233;. Les syst&#232;mes &#233;ducatif et de sant&#233; sont aujourd'hui soumis en France &#224; une th&#233;rapie de choc qui va les rapprocher un peu plus d'un mod&#232;le &#233;tats-unien, qui n'est pourtant gu&#232;re plus performant en la mati&#232;re qu'il ne l'a &#233;t&#233; dans les domaines immobilier ou financier : plus de m&#233;canismes marchands, plus d'in&#233;galit&#233;s, plus de laiss&#233;s-pour-compte. Au niveau europ&#233;en, le &#171; mod&#232;le social &#187;, toujours pr&#233;sent&#233; par les partis sociaux-d&#233;mocrates comme la justification ultime de la construction europ&#233;enne, est de plus en plus &#233;rod&#233; par les r&#233;formes successives, tout en conservant - pour combien de temps encore ? - quelques sp&#233;cificit&#233;s [&lt;a href='#nb5-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Centre d'analyse strat&#233;gique, Notes de Veille, n&#176;108 (http://www.strategie.gouv.fr/' id='nh5-1'&gt;1&lt;/a&gt;]. En mati&#232;re de politique de l'emploi, le &lt;i&gt;workfare&lt;/i&gt; europ&#233;en n'a plus grand-chose &#224; envier &#224; son inspirateur anglo-saxon, m&#234;me si les syst&#232;mes d'assurance-ch&#244;mage, notamment ceux des pays scandinaves, restent relativement plus g&#233;n&#233;reux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La politique macro&#233;conomique orthodoxe, dont la BCE est l'acteur central [&lt;a href='#nb5-2' class='spip_note' rel='footnote' title='F. Lebaron, Ordre mon&#233;taire ou chaos social ? La BCE et la r&#233;volution (...)' id='nh5-2'&gt;2&lt;/a&gt;], a &#233;t&#233; mise entre parenth&#232;ses le temps de sauver le syst&#232;me financier mondial. Mais il y a tout lieu de penser qu'elle va revenir en force, d&#232;s que la situation financi&#232;re sera relativement assainie. La dynamique socio-&#233;conomique d&#233;l&#233;t&#232;re appelle pourtant, &#224; l'inverse, un v&#233;ritable plan de relance budg&#233;taire coordonn&#233; au niveau europ&#233;en et mondial pour faire face dans les ann&#233;es qui viennent &#224; des d&#233;fis de tr&#232;s grande ampleur : crise sociale, alimentaire, &#233;cologique, in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques, culturelles, etc... Ce plan devrait assurer un d&#233;veloppement coh&#233;rent et volontariste des services publics et une augmentation coordonn&#233;e des salaires et des minima sociaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a peu de temps, un tel plan d'inspiration socialiste aurait fait l'objet d'une farouche obstruction des march&#233;s financiers3. Mais, c'est la r&#233;forme du syst&#232;me financier mondial qui est aujourd'hui &#224; l'ordre du jour : elle pourrait &#234;tre l'un des instruments d'une nouvelle &#171; gouvernance publique mondiale &#187; au service du changement social. Dans le cadre des Nations-Unies et non du G7 ou de toute autre instance domin&#233;e par les puissances occidentales (comme le Fonds mon&#233;taire international ou la Banque des r&#232;glements internationaux), un syst&#232;me mon&#233;taire et financier r&#233;ellement multipolaire pourrait enfin &#233;merger en lieu et place du &#171; non-syst&#232;me &#187; domin&#233; par les &#201;tats-Unis, qui n'est pas seulement injuste, mais qui s'est aussi r&#233;v&#233;l&#233; instable . Quoi qu'il en soit, le d&#233;bat et les luttes politiques sur la r&#233;forme financi&#232;re conditionneront la suite des &#233;v&#233;nements &#233;conomiques : ils pourraient &#234;tre un premier pas vers une sortie d&#233;finitive de l'impasse n&#233;olib&#233;rale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lebaron&lt;/p&gt; &lt;p&gt;15 octobre 2008&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh5-1' id='nb5-1' class='spip_note' title='Notes 5-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Centre d'analyse strat&#233;gique, Notes de Veille, n&#176;108 (&lt;a href=&quot;http://www.strategie.gouv.fr/article.php3?id_article=896&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.strategie.gouv.fr/articl...&lt;/a&gt;) et 109 (&#171; Le mod&#232;le social europ&#233;en est-il soluble dans la mondialisation ? &#187;, &lt;a href=&quot;http://www.strategie.gouv.fr/article.php3?id_article=900&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.strategie.gouv.fr/articl...&lt;/a&gt;), Paris, septembre 2008.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh5-2' id='nb5-2' class='spip_note' title='Notes 5-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] F. Lebaron, Ordre mon&#233;taire ou chaos social ? La BCE et la r&#233;volution n&#233;olib&#233;rale, Bellecombe-en-Bauges, &#201;ditions du Croquant, 2006.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#201;dito du num&#233;ro 5</title>
		<link>https://savoir-agir.org/Edito-du-numero-5.html</link>
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		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lebaron</dc:creator>



		<description>Le projet n&#233;o-lib&#233;ral en crise ? Dans la premi&#232;re moiti&#233; des ann&#233;es 1970, la conjonction persistante d'une forte inflation et d'un ralentissement de l'activit&#233;, la stagflation, a &#233;branl&#233; la foi dans les vertus des politiques macro&#233;conomiques de type keyn&#233;sien et conduit les th&#233;oriciens n&#233;o-lib&#233;raux &#224; imposer, plus ou moins progressivement selon les cas, leur interpr&#233;tation de la &#171; crise &#187; et, surtout, leurs pr&#233;conisations de politique &#233;conomique. Le n&#233;o-lib&#233;ralisme peut &#234;tre d&#233;crit comme une &#171; id&#233;ologie (...)

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&lt;a href="https://savoir-agir.org/-Les-editos-de-Savoir-Agir-.html" rel="directory"&gt;Les &#233;ditos de Savoir/Agir&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le projet n&#233;o-lib&#233;ral en crise ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans la premi&#232;re moiti&#233; des ann&#233;es 1970, la conjonction persistante d'une forte inflation et d'un ralentissement de l'activit&#233;, la &lt;i&gt;stagflation&lt;/i&gt;, a &#233;branl&#233; la foi dans les vertus des politiques macro&#233;conomiques de type keyn&#233;sien et conduit les th&#233;oriciens n&#233;o-lib&#233;raux &#224; imposer, plus ou moins progressivement selon les cas, leur interpr&#233;tation de la &#171; crise &#187; et, surtout, leurs pr&#233;conisations de politique &#233;conomique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le n&#233;o-lib&#233;ralisme peut &#234;tre d&#233;crit comme une &#171; id&#233;ologie politique &#187; fond&#233;e sur une doctrine &#233;conomique &#233;labor&#233;e, pour laquelle l'action publique, la politique &#233;conomique, doit &#234;tre mise au service de la construction de march&#233;s, sur lesquels les prix se forment librement. Selon la formule de Fran&#231;ois Denord, le n&#233;o-lib&#233;ralisme &#171; d&#233;ploie l'intervention publique dans trois directions principales. De mani&#232;re offensive, il cherche &#224; faire sauter les verrous r&#233;glementaires, l&#233;gislatifs ou corporatifs qui entravent la libre concurrence et &#224; d&#233;sengager l'&#201;tat du secteur productif. De mani&#232;re pragmatique, il cr&#233;e un cadre l&#233;gal favorable au march&#233;, suppl&#233;e l'initiative priv&#233;e l&#224; o&#249; elle est d&#233;faillante, incite &#224; la concentration industrielle ou, au contraire, la freine. &#199;a et l&#224; enfin, l'&#201;tat n&#233;o-lib&#233;ral adapte le droit aux &#233;volutions &#233;conomiques, sanctionne les fraudes et vient en aide aux plus d&#233;favoris&#233;s &#187; [&lt;a href='#nb6-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Fran&#231;ois Denord, N&#233;o-lib&#233;ralisme version fran&#231;aise. Histoire d'une id&#233;ologie (...)' id='nh6-1'&gt;1&lt;/a&gt;]. Le n&#233;o-lib&#233;ralisme s'est constitu&#233; d&#232;s la deuxi&#232;me moiti&#233; des ann&#233;es 1930, avec le colloque Walter Lippmann, et s'est enrichi depuis lors de nombreux d&#233;bats et contributions doctrinales. L'univers des n&#233;o-lib&#233;raux est loin d'&#234;tre homog&#232;ne : des traditions nationales vari&#233;es (autrichienne, fran&#231;aise, allemande, anglaise, am&#233;ricaine&#8230;) s'y distinguent ; des degr&#233;s de radicalit&#233; in&#233;gaux s'y confrontent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avec le premier choc p&#233;trolier, en 1973-74, les n&#233;o-lib&#233;raux, qui se sont structur&#233;s au sein d'un espace international relativement diff&#233;renci&#233;, sentent leur heure, celle de la reconqu&#234;te des esprits et des institutions, enfin arriv&#233;e [&lt;a href='#nb6-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Une riche litt&#233;rature documente d&#233;sormais le &#171; tournant n&#233;o-lib&#233;ral &#187; commenc&#233; (...)' id='nh6-2'&gt;2&lt;/a&gt;]. Ils vont b&#233;n&#233;ficier alors de l'effondrement r&#233;cent du syst&#232;me mon&#233;taire international de Bretton-Woods (qui ne cesse de se d&#233;liter entre 1971 et 1973). Les institutions financi&#232;res internationales et les banques centrales seront ainsi au centre de la reconqu&#234;te : la lutte contre l'inflation va servir de mot d'ordre et de cadre de r&#233;f&#233;rence autour duquel s'articuleront les divers &#233;l&#233;ments du programme : acc&#233;l&#233;ration de la lib&#233;ralisation des march&#233;s de biens et services enclench&#233;e depuis l'apr&#232;s-guerre au sein du GATT [&lt;a href='#nb6-3' class='spip_note' rel='footnote' title='GATT : accord commercial, sign&#233; en 1947, dont l'objectif &#233;tait l'abaissement (...)' id='nh6-3'&gt;3&lt;/a&gt;] ; privatisations et d&#233;mant&#232;lement de l'&#201;tat-providence dans les contextes politiques favorables ; lib&#233;ralisation des march&#233;s financiers ; r&#233;formes des march&#233;s du travail et aust&#233;rit&#233; salariale sans limite qui reconstitue les profits et conduit &#224; la reconstitution d'in&#233;galit&#233;s de revenus abyssales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En Europe, les n&#233;o-lib&#233;raux ont &#233;t&#233; pr&#233;sents d&#232;s l'apr&#232;s-deuxi&#232;me guerre mondiale dans les coalitions au pouvoir (notamment en Allemagne et en France) et ont connu un premier grand succ&#232;s en 1957, avec le trait&#233; de Rome que Jacques Rueff, figure &#233;minente du n&#233;o-lib&#233;ralisme fran&#231;ais, a d&#233;crit comme le triomphe d'une politique publique express&#233;ment tourn&#233;e vers la construction d'un march&#233; libre [&lt;a href='#nb6-4' class='spip_note' rel='footnote' title='La r&#233;alit&#233; est &#233;videmment plus complexe, dans la mesure o&#249; la politique (...)' id='nh6-4'&gt;4&lt;/a&gt;]. Le projet d'unification mon&#233;taire parviendra &#224; couronner cet &#233;difice en organisant l'Europe &#233;conomique et mon&#233;taire autour d'une doctrine anti-inflationniste radicale issue des cercles les plus conservateurs de la banque centrale allemande, la &lt;i&gt;Bundesbank&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le paradoxe actuel tient au fait que c'est, pr&#233;cis&#233;ment, autour de la perspective d'une nouvelle &lt;i&gt;stagflation&lt;/i&gt; que les doutes commencent &#224; se r&#233;pandre sur la pertinence historique de la &#171; solution lib&#233;rale &#187;. La crise immobili&#232;re am&#233;ricaine de 2007 a brusquement d&#233;grad&#233; les perspectives de millions de m&#233;nages salari&#233;s d&#233;j&#224; tr&#232;s fragilis&#233;s par l'effritement de leur position relative au profit des plus riches. La lib&#233;ralisation financi&#232;re s'est traduite par des cycles financiers de plus en plus prononc&#233;s et de moins en moins contr&#244;lables. Il a fallu une intervention massive des banques centrales pour &#233;viter, &#224; plusieurs reprises en 2007-2008, l'effondrement des march&#233;s interbancaires et le &lt;i&gt; &lt;i&gt;credit crunch&lt;/i&gt; &lt;/i&gt; qui s'ensuivrait. La perspective de faillites en cha&#238;ne n'a cess&#233; de gagner en cr&#233;dibilit&#233; tout au long de ces deux ann&#233;es, par pouss&#233;es de panique successives.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La hausse des prix des mati&#232;res premi&#232;res, imput&#233;e &#224; tort aux seuls pays &#233;mergents, r&#233;v&#232;le surtout une des propri&#233;t&#233;s fondamentales des march&#233;s : r&#233;sultant des anticipations d'acteurs priv&#233;s in&#233;gaux nourris d'une multitude d'informations contradictoires et partielles, les prix de march&#233; sont instables et potentiellement sources d'injustices et de distorsions brutales des rapports de force &#233;conomiques (entre groupes, pays, r&#233;gions, etc.). Le maintien tatillon de l'ordre salarial par les banques centrales n'a gu&#232;re d'effets sur les anticipations des sp&#233;culateurs des march&#233;s du p&#233;trole ou du soja. Le discours de rigueur des autorit&#233;s mon&#233;taires et financi&#232;res publiques a surtout pour cons&#233;quence de renforcer les anticipations pessimistes des m&#233;nages et il devient, d&#232;s lors, un des vecteurs de la transmission de la crise financi&#232;re &#224; l'&#233;conomie &#171; r&#233;elle &#187;. Le mantra anti-inflationniste nourrit aujourd'hui la crise syst&#233;mique du capitalisme financiaris&#233; et mondialis&#233;, crise globale &#224; l'issue incertaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les d&#233;bats &#224; gauche en France sur le &#171; lib&#233;ralisme &#187;, tr&#232;s m&#233;diatiques, ont d&#232;s lors quelque chose de surr&#233;aliste ou, &#224; tout le moins, de d&#233;cal&#233;. Les droites occidentales commencent elles-m&#234;mes &#224; douter, comme l'illustrent la crise larv&#233;e de la doctrine libre-&#233;changiste5, les incoh&#233;rences croissantes des dirigeants fran&#231;ais et italiens (qui combinent ultra-lib&#233;ralisme domestique et rodomontades anti-Banque centrale europ&#233;enne), ou encore l'attachement affich&#233; des responsables europ&#233;ens &#224; une politique de d&#233;veloppement durable et de r&#233;gulation fiscale mondiale dans le cadre de choix &#233;conomiques pourtant plus que jamais fond&#233;s, &#224; l'oppos&#233;, sur l'aust&#233;rit&#233; salariale et le d&#233;mant&#232;lement sans fin de l'&#201;tat-providence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh6-1' id='nb6-1' class='spip_note' title='Notes 6-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Fran&#231;ois Denord, N&#233;o-lib&#233;ralisme version fran&#231;aise. Histoire d'une id&#233;ologie politique, Paris, D&#233;mopolis, 2007, p.5.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh6-2' id='nb6-2' class='spip_note' title='Notes 6-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Une riche litt&#233;rature documente d&#233;sormais le &#171; tournant n&#233;o-lib&#233;ral &#187; commenc&#233; dans la premi&#232;re moiti&#233; des ann&#233;es 1970 et parachev&#233; avec le &#171; consensus de Washington &#187; au d&#233;but des ann&#233;es 1990. Voir notamment, pour l'exp&#233;rience britannique, Keith Dixon, Les &#233;vang&#233;listes du march&#233;, Paris, Raisons d'agir, 1997 ; pour une perspective globale, Serge Halimi, Le grand bond en arri&#232;re. Comment l'ordre lib&#233;ral s'est impos&#233; au monde, Paris, Fayard, 2006.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh6-3' id='nb6-3' class='spip_note' title='Notes 6-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] GATT : accord commercial, sign&#233; en 1947, dont l'objectif &#233;tait l'abaissement des barri&#232;res douani&#232;res pour les marchandises. Le GATT sera int&#233;gr&#233; au trait&#233; de Marrakech cr&#233;ant l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1995, trait&#233; qui lib&#233;ralise aussi le commerce des services.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh6-4' id='nb6-4' class='spip_note' title='Notes 6-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] La r&#233;alit&#233; est &#233;videmment plus complexe, dans la mesure o&#249; la politique agricole commune, premier moteur de la construction europ&#233;enne, sera de fait une politique extr&#234;mement interventionniste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#201;dito du num&#233;ro 4</title>
		<link>https://savoir-agir.org/Edito-du-numero-4.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lebaron</dc:creator>



		<description>Trois questions pour la &#171; gauche &#187; Trois grandes questions sont aujourd'hui pos&#233;es &#224; la gauche en Europe, apr&#232;s des r&#233;sultats &#233;lectoraux contrast&#233;s, mais souvent d&#233;cevants. L'exemple italien, avec le triomphe de Silvio Berlusconi, est le plus saisissant. La premi&#232;re question est celle de l'existence m&#234;me d'une &#171; offre &#187; politique de gauche : l'existence d'une gauche en Europe va-t-elle de soi ? La conversion des partis sociaux-d&#233;mocrates &#224; une politique &#233;conomique et sociale d'inspiration n&#233;o-lib&#233;rale, (...)

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&lt;a href="https://savoir-agir.org/-Les-editos-de-Savoir-Agir-.html" rel="directory"&gt;Les &#233;ditos de Savoir/Agir&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trois questions pour la &#171; gauche &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Trois grandes questions sont aujourd'hui pos&#233;es &#224; la gauche en Europe, apr&#232;s des r&#233;sultats &#233;lectoraux contrast&#233;s, mais souvent d&#233;cevants. L'exemple italien, avec le triomphe de Silvio Berlusconi, est le plus saisissant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La premi&#232;re question est celle de l'existence m&#234;me d'une &#171; offre &#187; politique de gauche : l'existence d'une gauche en Europe va-t-elle de soi ? La conversion des partis sociaux-d&#233;mocrates &#224; une politique &#233;conomique et sociale d'inspiration n&#233;o-lib&#233;rale, soumise aux injonctions des march&#233;s financiers, a tendu &#224; r&#233;duire fortement leurs diff&#233;rences avec les partis de droite, eux-m&#234;mes convertis au n&#233;o-lib&#233;ralisme : ce sont d&#233;sormais essentiellement des diff&#233;rences de degr&#233;s, de style, de sensibilit&#233;. Dans ce contexte, les partis sociaux-d&#233;mocrates adoptent ce qu'on pourrait appeler des strat&#233;gies de &lt;i&gt;marketing&lt;/i&gt; politique, en s'appuyant sur les sondages et sur le rejet des personnalit&#233;s et m&#234;me, mieux, des &lt;i&gt;habitus&lt;/i&gt; de droite (Sarkozy, Berlusconi&#8230;). Sur le plan de la sociologie de ces organisations, cela renvoie au poids &#233;crasant des &#233;lus et &#224; la pr&#233;&#233;minence des enjeux &#233;lectoraux, notamment locaux : les partis sociaux-d&#233;mocrates ont vu leur ancrage populaire s'&#233;tioler et sont devenus des partis &#171; attrape-tout &#187; domin&#233;s par des professionnels de la politique qui sont eux-m&#234;mes tourn&#233;s vers la comp&#233;tition &#233;lectorale et la gestion locale. L'abandon de toute diff&#233;renciation id&#233;ologique (r&#233;f&#233;rences &#224; la gauche, au socialisme, aux politiques keyn&#233;siennes, &#224; l'&#201;tat-providence, etc.), le rapprochement avec des partis du centre, pourraient &#234;tre l'aboutissement logique de cette dynamique. Elle ouvre un espace politique pour tous ceux qui pensent que la notion de &#171; gauche &#187; a encore un sens. Cette premi&#232;re question en appelle une deuxi&#232;me : une gauche peut-&#234;tre, mais pour quoi faire ? C'est la question des finalit&#233;s de son action. &#192; l'origine, la gauche fut un instrument de changement pour les classes populaires, par la conqu&#234;te progressive de protections sociales et plus g&#233;n&#233;ralement par la mise en &#339;uvre de politiques contrecarrant, de mani&#232;re plus ou moins radicale, les logiques de march&#233; : planification d&#233;mocratique, politiques conjoncturelles, r&#233;gulation des prix, etc. Les partis sociaux-d&#233;mocrates ne remplissent plus cette fonction qu'&#224; la marge, et souvent dans un sens r&#233;gressif (avec par exemple la r&#233;forme du march&#233; du travail en Allemagne, Hartz IV [&lt;a href='#nb7-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Quatri&#232;me et derni&#232;re des lois sur la &#171; modernisation du march&#233; du travail &#187;, (...)' id='nh7-1'&gt;1&lt;/a&gt;]). Mais cela ne veut pas dire que les partis situ&#233;s &#224; la gauche de la social-d&#233;mocratie ont une vision toujours tr&#232;s claire de leurs propres objectifs. Ils restent eux-m&#234;mes domin&#233;s par un certain &#233;conomisme, h&#233;rit&#233; de l'histoire du socialisme. M&#234;me si les revendications salariales sont aujourd'hui un &#233;l&#233;ment essentiel pour les cat&#233;gories populaires en Europe (et une base sociale objective pour toute politique de gauche), elles ne peuvent pas r&#233;sumer les objectifs de la gauche &#224; moyen et long terme. Assurer le plus haut niveau de bien-&#234;tre collectif, de s&#233;curit&#233; &#233;conomique et sociale, le plus haut degr&#233; d'&#233;galit&#233;, n'est sans doute pas suffisant non plus, dans la mesure o&#249; pr&#233;domine encore souvent une d&#233;finition &#233;troite du &#171; bien-&#234;tre &#187;, mesur&#233; par le produit int&#233;rieur brut par habitant, ou des in&#233;galit&#233;s (r&#233;duites aux revenus). Pourtant, de tr&#232;s nombreux travaux sur ces th&#232;mes insistent aujourd'hui sur leur caract&#232;re multidimensionnel, qu'il faudrait pouvoir int&#233;grer dans la d&#233;finition des objectifs de la gauche. Cela conduit &#224; la troisi&#232;me et derni&#232;re question, celle de l'efficacit&#233; de la gauche. Comment peut-elle convaincre les citoyens, en particulier dans les classes populaires d&#233;mobilis&#233;es, &#233;loign&#233;es de l'action collective, de l'efficacit&#233; de son action dans le sens du bien-&#234;tre collectif, de la s&#233;curit&#233; &#233;conomique et sociale et de la r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s ? Traditionnellement, le grand travers de la gauche est ce que l'on peut appeler le &#171; verbalisme &#187; : on se concentre sur les positions id&#233;ologiques, sur la recherche de solutions conceptuelles, de fa&#231;on plus ou moins avant-gardiste, plus ou moins routini&#232;re (strat&#233;gies de diff&#233;renciation id&#233;ologiques), ce qui est li&#233;, bien s&#251;r, au poids des professions intellectuelles en son sein. On ne pr&#244;nera pas ici la mise en place d'un &lt;i&gt; &lt;i&gt;benchmarking&lt;/i&gt; &lt;/i&gt; des politiques de gauche au sens de la strat&#233;gie de Lisbonne, ni bien s&#251;r l'adoption du &#171; &lt;i&gt;new public management&lt;/i&gt; &#187; au sein de la gauche (ces politiques signifient concr&#232;tement l'expansion des crit&#232;res n&#233;o-lib&#233;raux et marchands). Mais trop souvent, les acteurs politiques de gauche font comme s'il allait de soi que certaines mesures politiques produisent des effets b&#233;n&#233;fiques et, surtout peut-&#234;tre, comme s'ils pouvaient &#233;chapper &#224; une forme d'&#233;valuation collective et d&#233;mocratique de leur action en fonction de crit&#232;res explicites, li&#233;s aux objectifs qu'ils se donnent. Il n'y a sans doute pas de d&#233;finition &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; d'une politique de gauche. Les dynamiques sociales, comme la reconstruction et l'extension d'un &#201;tat-providence protecteur face au march&#233;, la mise en place de politiques publiques efficaces contrecarrant les logiques marchandes et financi&#232;res (politiques macro&#233;conomiques, r&#233;glementation des prix mondiaux, r&#233;glementation de la finance mondiale, nouvelles formes de planification d&#233;mocratique&#8230;), sont les seules fa&#231;ons de convaincre les citoyens que la gauche a non seulement des raisons d'&#234;tre, mais qu'elle leur est vraiment utile et m&#234;me n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh7-1' id='nb7-1' class='spip_note' title='Notes 7-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Quatri&#232;me et derni&#232;re des lois sur la &#171; modernisation du march&#233; du travail &#187;, adopt&#233;es en Allemagne entre 2003 et 2005. Leur nom vient de Peter Hartz, pr&#233;sident de la commission qui a propos&#233; cette politique, connue aussi pour la baisse drastique de l'indemnisation du ch&#244;mage qu'elle a entra&#238;n&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#201;dito du num&#233;ro 3</title>
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		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lebaron</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;ditorial</dc:subject>

		<description>Le retour des revendications salariales On n'a sans doute pas assez relev&#233; l'importance, durant la s&#233;quence &#233;lectorale 2007, de l'enjeu salarial. Avec l'opposition entre le &#171; travailler plus pour gagner plus &#187; et l'augmentation g&#233;n&#233;rale du Smic, deux &quot;mod&#232;les&quot; de la formation des salaires se sont pourtant clairement oppos&#233;s. Le premier est lib&#233;ral et individualiste : le salari&#233; serait en position d'obtenir une r&#233;mun&#233;ration plus &#233;lev&#233;e en n&#233;gociant individuellement avec son chef d'entreprise des heures de (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le retour des revendications salariales&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On n'a sans doute pas assez relev&#233; l'importance, durant la s&#233;quence &#233;lectorale 2007, de l'enjeu salarial. Avec l'opposition entre le &#171; travailler plus pour gagner plus &#187; et l'augmentation g&#233;n&#233;rale du Smic, deux &quot;mod&#232;les&quot; de la formation des salaires se sont pourtant clairement oppos&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le premier est lib&#233;ral et individualiste : le salari&#233; serait en position d'obtenir une r&#233;mun&#233;ration plus &#233;lev&#233;e en n&#233;gociant individuellement avec son chef d'entreprise des heures de travail suppl&#233;mentaires, &#224; condition que l'&#201;tat ne p&#233;nalise pas celles-ci par une l&#233;gislation trop d&#233;sincitative.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le second est &#233;tatiste et socialiste : l'&#233;l&#233;vation du salaire minimum obligerait les chefs d'entreprise &#224; mieux r&#233;mun&#233;rer les salari&#233;s du bas de l'&#233;chelle, ce qui entra&#238;nerait au moins une partie des salaires &#224; la hausse, et aurait un effet dynamisant sur la consommation, donc sur l'emploi, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il serait bien s&#251;r tr&#232;s na&#239;f (et tr&#232;s scolastique) de feindre de penser que &quot;les Fran&#231;ais&quot; auraient choisi le premier &quot;mod&#232;le&quot; en &#233;lisant Nicolas Sarkozy. Il reste que, parlant sans doute plus directement &#224; l'exp&#233;rience du travail des salari&#233;s moyens voire &#224; hauts revenus, mais aussi peut-&#234;tre d'une partie des salari&#233;s modestes, la perspective d'un gain individuel accessible n'a sans doute pas &#233;t&#233; pour rien dans le succ&#232;s du candidat de l'UMP. Une partie des salari&#233;s a m&#234;me vraisemblablement pu croire qu'un environnement politique plus favorable aux entreprises pourrait avoir assez rapidement des b&#233;n&#233;fices d&#233;riv&#233;s, en permettant aux employeurs de r&#233;mun&#233;rer leur investissement toujours accru dans le travail. Ce &quot;raisonnement pratique&quot;, associ&#233; &#224; la valorisation implicite des &quot;solutions de march&#233;&quot; face &#224; la loi et &#224; l'&#201;tat, n'est s&#251;rement pas sans exercer une forte s&#233;duction sur des salari&#233;s immerg&#233;s dans le &quot;management moderne&quot;, sa culture du projet, de l'implication et de l'efficacit&#233; &#224; court terme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le climat actuel de d&#233;r&#233;liction du pouvoir sarkozyste tient peut-&#234;tre d'abord au sentiment confus que cette politique du donnant-donnant ne fonctionne pas ou tr&#232;s marginalement. La pression au travail reste extr&#234;mement &#233;lev&#233;e sans qu'il soit possible d'en tirer des b&#233;n&#233;fices clairs. Dans un contexte de financiarisation et de concurrence mondiale toujours pesantes, l'augmentation salariale, m&#234;me individuelle, est consid&#233;r&#233; par tout un ensemble d'acteurs sociaux comme un &quot;danger&quot; majeur pour la sant&#233; de l'entreprise, voire de l'&#233;conomie europ&#233;enne (ainsi que le rappelle chaque jour Jean-Claude Trichet au nom de la Banque centrale europ&#233;enne). Il faut occuper une position tr&#232;s particuli&#232;re dans l'univers salarial pour pouvoir n&#233;gocier avec ses sup&#233;rieurs une augmentation individuelle. C'&#233;tait par exemple le cas de J&#233;r&#244;me Kerviel, qui esp&#233;rait tirer parti de ses prouesses de trader &#224; la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale pour obtenir une prime de 200 000 euros annuels, bien sup&#233;rieure &#224; son salaire de base, deux fois plus faible et pourtant relativement &#233;lev&#233; pour un jeune dipl&#244;m&#233; de master 2 &#226;g&#233; de 31 ans. Comme l'a montr&#233; le sociologue Olivier Godechot1 dans son ouvrage &lt;i&gt;Working rich,&lt;/i&gt; certains salari&#233;s sont ainsi en position de pr&#233;lever, dans une logique de hold-up, une part non n&#233;gligeable des flux financiers colossaux qui nourrissent aujourd'hui la sp&#233;culation financi&#232;re mondiale. &#192; c&#244;t&#233; de ces quelques poches de salari&#233;s &#224; fortes ressources professionnelles et symboliques, la grande majorit&#233; n'est pas en mesure de tirer profit de sa position dans le champ &#233;conomique pour tenter sans trop de risques d'am&#233;liorer sa situation individuelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le vent de la revendication salariale, qui a pu un temps porter le candidat du &quot;gagner plus&quot;, serait-il en train de souffler &quot;&#224; gauche&quot; ? On peut le penser en observant tout d'abord que les revendications salariales collectives se diffusent en Europe, y compris dans des secteurs d'o&#249; elles semblaient exclues, comme la grande distribution et les services marchands. L'adh&#233;sion &#224; la revendication salariale collective semble plus forte que jamais, d'autant que le prix du p&#233;trole continue d'augmenter et que les prix dans le secteur immobilier (loyer, achat) restent extr&#234;mement &#233;lev&#233;s, surtout pour les m&#233;nages modestes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Autre tendance relativement r&#233;cente : la crise financi&#232;re met &#224; nu certains des processus qui ont permis l'enrichissement inou&#239; de certaines cat&#233;gories sociales durant les derni&#232;res ann&#233;es. Les professionnels de la finance, tout d'abord, gris&#233;s par des possibilit&#233;s de gains litt&#233;ralement extra-ordinaires, qui ont tir&#233; parti de la sp&#233;culation dont ils ont &#233;t&#233; les premiers acteurs. Les chefs d'entreprise, ensuite, qui ont parfois, comme en Allemagne, us&#233; de leur ma&#238;trise des r&#232;gles du jeu fiscal europ&#233;en pour accro&#238;tre encore leurs revenus d&#233;j&#224; importants, eux-m&#234;mes li&#233;s &#224; des profits croissants, quand ils n'ont pas carr&#233;ment fraud&#233; le fisc comme le r&#233;cent scandale impliquant le PDG de la &lt;i&gt;Deutsche Post&lt;/i&gt; et de nombreuses personnalit&#233;s du monde &#233;conomique et de la politique le montre. L'ensemble des acteurs dominants du nouvel ordre &#233;conomique, plus largement, a vu son patrimoine gonfler au fur et &#224; mesure que ses revenus explosaient. Ainsi, en France, &#171; en dix ans, le nombre de foyers acquittant l'imp&#244;t de solidarit&#233; sur la fortune a &#233;t&#233; multipli&#233; par trois. En 2007, l'ISF a concern&#233; 527 866 contribuables &#187; (&lt;i&gt;La Tribune&lt;/i&gt;, lundi 18 f&#233;vrier 2008, p.3).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Car comme l'indique ce m&#234;me quotidien, au demeurant tr&#232;s lib&#233;ral, &#171; jamais [...] l'&#233;cart entre la hausse des profits et des salaires n'a &#233;t&#233; aussi profond &#187; (La Tribune, lundi 18 f&#233;vrier 2008, p. 8). Mais pour r&#233;tablir l'&#233;quilibre, il faudra sans doute bien plus que des revendications salariales et une &#233;ventuelle victoire &#233;lectorale de la gauche aux &#233;lections municipales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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